De la 2G à la 4G : Bercy présente l'addition

Bouygues l'espérait fortement, mais certainement pas dans ces conditions : les fréquences 1 800 MHz dédiées à la 2G pourraient bien être réutilisées pour la 4G. Sauf que cela ne serait pas propre à Bouygues : les trois opérateurs y auraient droit, moyennant un effort financier : 64 millions d'euros par an. Et pour couronner le tout, l'initiative ne vient pas de l'Arcep, pourtant consultée par le troisième opérateur française sur la question, mais bien des pouvoirs publics.


Un projet de décret serait déjà sur pied, les tarifs ayant probablement été définis par une opération assez simple : une multiplication par six ! La redevance passerait de 571 euros à 3 231 euros pour une même quantité de fréquences. Moins de deux ans après des investissements massifs (de l'ordre du milliard) de la part des trois opérateurs pour la 4G, la pilule risque d'être difficile à faire passer.


Un cadeau empoisonné pour Bouygues


Orange
et SFR auront probablement les reins assez solides pour supporter l'investissement, s'ils décident d'y recourir. Pour Bouygues, l'opportunité de ré-exploiter les fréquences 2G était justement un moyen de déployer rapidement son réseau 4G sans surcoût par rapport à la dépense initiale. Cette décision met alors à mal les espoirs que l’opérateur avait placés dans sa requête auprès de l'Arcep, sur la possibilité d'utiliser ses fréquences 1 800 MHz.


Il aurait été le seul à proposer la 4G en France pour l'iPhone 5 et aurait obtenu une belle avance en terme de déploiement sur ses concurrents. Quoi qu'il en soit, l'autorisation du régulateur des télécoms reste nécessaire pour encadrer ce refarming. Sa réponse sur le sujet est toujours attendue avant la fin du mois de mars.


Vers la fin de la 2G ?


Autre problème, les trois opérateurs sont engagés sur les licences 2G pendant encore un peu moins de 10 ans (jusqu'en 2024 pour Bouygues et 2021 pour SFR et Orange), impliquant entre autres une obligation de couverture. Un aménagement de ces accords serait alors à prévoir. Si les fréquences 1 800 MHz sont réutilisées, il reste celles de 900 MHz qui sont encore dédiées à la 2G. Cela dit, l'ouverture de ces fréquences 2G à la 4G est une occasion d'ouvrir à nouveau la question de l'extinction de la 2G, qui pourrait intervenir justement d'ici une dizaine d'années.

Le Japon l'a déjà totalement abandonnée au profit des 3G et 4G tandis qu'aux États-Unis, le plus gros opérateur AT&T compte faire disparaître la norme d'ici 2017, 12% seulement de ses clients en étant toujours dépendants aujourd'hui.

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