Antennes-Relais : Paris suspend l'implantation

La Mairie de Paris et la Fédération Française des Télécoms (FFT), qui réunit Bouygues Telecom, France Telecom, SFR et la majeure partie des MVNO, ont rompu les négociations visant à un renouvellement de la charte parisienne de la téléphonie mobile. Cette charte, dont la précédente arrivait à échéance en septembre 2011, vise à déterminer un seuil d’exposition maximal des antennes-relais.

« Effets biologiques [...] plus ou moins nocifs sur l’organisme humain »

Le désaccord entre les deux parties porte sur la limite de ce seuil : tandis que la Ville de Paris espère plafonner les émissions entre 1,5 et 2 Volts par mètre, la FFT exigerait de porter ce seuil à 10 voire 15 Volts par mètre. Autre exigence de la Fédération, la Commission de Concertation de la Téléphonie Mobile (CCTM, qui réunit les avis des riverains, les associations du secteur et les mairies d’arrondissement concernés) serait reléguée à un simple rôle consultatif. Enfin, les représentants des opérateurs mobiles ont demandé un retrait des opérations d’intégration paysagère des antennes existantes.

En conséquence, la ville de Paris  a suspendu immédiatement, en l’absence de charte contractuelle, l’implantation d’antennes jusqu’à nouvel ordre. « Paris regrette et condamne l’attitude de la Fédération Française des Télécoms qui constitue un recul dans le dialogue que la Ville a toujours tenu à maintenir », affirme le site de la Mairie de Paris.

« On est dans la mesquinerie »

La mairie de Paris s’appuie également sur la position de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe qui avait statué sur le sujet en mai dernier : « Certaines ondes à haute fréquence utilisées dans le domaine des radars, de la télécommunication et de la téléphonie mobile, semblent avoir des effets biologiques non thermiques potentiels plus ou moins nocifs sur les plantes, les insectes et les animaux, ainsi que sur l’organisme humain, même en cas d’exposition à des niveaux inférieurs aux seuils officiels. »

« On est dans la mesquinerie, c'est complètement farfelu », explique l'adjoint à la mairie de Paris Mao Peninou. « Nous restons sur la même position. L'objectif est, pour nous, la moindre émission sur Paris. » Pour le représentant de la capitale, le passage à la 4G et l'arrivée de Free ne sont pas un frein. Le site de la capitale indique cependant être prêt à revenir à la table des négociations.

« L’ancienne charte était déjà très permissive »

Pour Myriam Galbrun, membre du Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements ÉlectroMagnétiques non ionisants (CRIIREM), « l’ancienne charte était déjà très permissive. Rappelons que l’OMS a récemment modifié le critère de dangerosité des radiofréquences, passant de “Sans danger” à “Possiblement cancérigène”. Une charte restrictive pourrait servir d’exemple à d’autres villes. Ce qui serait une bonne nouvelle pour tout le monde, mis à part la FFT. Il semblerait que la FFT n’a pas envie de prendre en compte l’avis de l’OMS ».

Autre réaction, celle de l’association Robin des Toits, association nationale pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil. « Nous saluons la position de la ville de Paris, d’autant que les opérateurs n’ont pas vraiment l’habitude qu’on leur rentre dedans comme ça. Cela risque de faire des émules auprès des autres villes de France », affirme Étienne Cendrier, porte-parole de l’association.

La FFT affirme vouloir « reprendre le dialogue »

De son côté, la FFT, que nous avons jointe par téléphone, affirme vouloir « reprendre le dialogue avec la mairie de Paris pour aboutir à une Charte. Nous n’avons jamais demandé un seuil de 10 à 15 volts par mètre. Simplement, le protocole de la charte de 2003 n’est plus adapté aux chiffres et au déploiement actuel. La base de 2 V/m voire 1,5 V/m demandée par la mairie de Paris correspond à une réduction de 4 à 8 fois le seuil actuel. Or les opérateurs actuels, sans compter l’arrivée de Free Mobile, ne peuvent pas tenir ces exigences. De plus, avec l’arrivée de 4 nouveaux réseaux 4G en 2012, le déploiement ne pourrait être possible dans ces conditions. »

La Mairie de Paris et la FFT vont devoir s’accorder pour aboutir à une nouvelle charte sans quoi le déploiement de Free Mobile ainsi que de la 4G dans la capitale pourraient prendre un retard conséquent.

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2 commentaires
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  • shooby
    Ah les politiques, ces incompétents qui croient savoir meux que les autres !!!!!!!
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  • Henri Beyle@guest
    Je propose que les opérateurs de mobiles interdisent l'accès au réseaux des téléphones détenus par troislanoé ainsi qu'à tous ceux qui se prétendent écolos. Logique, personne ne voudrait mettre en péril leur santé !

    Et après l'abandon du nucléaire, puis du téléphone cellulaire, quelle sera la prochaine régression ?
    Retourner vivre dans les grottes ? S'habiller de peau de mouton ? Le retour de la carriole à cheval dans les rues de la capitale ?

    Si la modernité fait tant peur que ça à ces éco-terroristes, je leur propose de prendre un aller-simple vers l'Afrique, où, débarrassé de touts ces "modernités nocives", ils pourront enfin vivre pleinement leur régression mentale, sociale et technologique.
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