Apple : Tim Cook à la barre

« Remplacer Steve ? Il est irremplaçable. C'est une chose à laquelle les gens vont devoir se résoudre. Je vois Steve à 70 ans avec les cheveux blancs, toujours ici, longtemps après que j'ai pris ma retraite. » C’est du moins, si l’on en croit un article de Fortune paru en 2008, ce que déclarait Tim Cook lorsqu’on lui posait la question.

Pourtant aujourd’hui personne ne doute qu’il soit le mieux placé pour remplacer Steve Jobs. Le comité de rémunération d'Apple vient d’ailleurs de lui octroyer près de 60 millions de dollars sous forme de bonus et d'actions à prix préférentiel pour services rendus pendant l'intérim de six mois effectué en 2009.

Jobs et Cook : «la tête et les jambes»

Prendre la tête d’une compagnie dont la trésorerie de 75,8 milliards de dollars dépasse celle du gouvernement américain et dont la capitalisation boursière atteint 363,25 milliards de dollars juste derrière la compagnie pétrolière Exxon Mobil, n'est pas une mince affaire.

Évidemment Tim Cook n’est pas Steve Jobs. Il est même son opposé. On a souvent qualifié le binôme de « la tête et les jambes ». Jobs le penseur génial et Cook le cartésien à l’implacable efficacité. C’est pour ce savoir faire que Steve Jobs fait appel à lui en 1998.

C’est expert en réduction de coût a d’abord fait ses armes chez Compaq où il occupe le poste de vice-président responsable des opérations mondiales et, avant cela, chez IBM en tant que responsable de la stratégie nord-américaine. Chez Apple, il va fermer des usines, délocaliser, compresser les délais, mettre la production en flux tendu, simplifier la gamme de produits.

Une exigence à toute épreuve

Cook n’a pas la réputation d’être un tendre, comme Steve Jobs, il est obsédé des détails et intransigeant. L’anecdote racontée par des proches collaborateurs rappelle une réunion où des problèmes dans la production en Chine sont évoqués. Cook estime qu’il n’est pas normal que personne n’y soit. 30 minutes après, il s’adresse à Sabih Khan, l’un des cadres de la société en lui demandant : « Pourquoi êtes-vous toujours là ? ». Khan quitte alors la réunion pour se rendre directement à l’aéroport et prendre le premier avion pour la Chine sans prendre le temps de se changer.

Une bonne illustration de son exigence. Mais la méthode paye et Apple renouera avec les bénéfices alors qu’à son arrivée la société venait de clore un exercice déficitaire de plus d’un milliard de dollars.

Travailleur infatigable

Ce tempérament exigeant s’applique à lui-même. Ce célibataire de 51 ans se lève à 4h30 tous les matins pour faire du sport et consacre tout son temps à Apple. Il est connu pour être un adepte des barres énergétiques et un passionné de cyclisme qui suit assidûment le tour de France. Tim Cook accumule même les kilomètres à vélo pour lever des fonds pour la recherche sur la sclérose en plaques. Maladie dont il avait été diagnostiqué à tort.

Passer de n°2 à n°1

Aujourd’hui, même si Tim Cook apparaît comme le successeur naturel de Steve Jobs, les actionnaires si l’on en croit la réaction de la bourse demande encore à être rassurés. En effet, à l’annonce de la démission de Jobs, le titre à perdu 7% en quelques minutes.

Nombreux sont les analystes à penser que Tim Cook n’est pas à la hauteur de la créativité de Jobs, mais que ce n’est pas forcément ce dont Apple à le plus besoin à présent.