Les fiches de police de rappeurs divulguées sur le web

En décembre dernier, le site Viol Vocal a diffusé comme à son habitude sur le web une série de canulars téléphoniques. Sauf que cette fois, la pilule risque d'être amère à la fois pour les responsables de la mauvaise blague, leurs interlocuteurs, et les rappeurs dont il est question dans l'entretien téléphonique.
Se faisant passer pour des inspecteurs de police travaillant sur une grosse affaire, les membres du site Viol Vocal ont passé quelques coups de fils à divers commissariats, afin d’obtenir une série d’informations sur trois rappeurs : Rohff, Booba et La Fouine. Les informations désirées sont toutes issues du STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées), une énorme base de données entretenue et consultée par la police. Signalons que le STIC ne fournit pas un extrait de casier judiciaire, mais plutôt une base de toutes les affaires dans lesquelles un individu peut se trouver mêlé, qu’elles donnent lieu à un jugement ou non. En clair, il s’agit d’un immense fichier recensant plus de 44 millions de procédures.


« Inspecteur Bernard Woody à l'appareil ? »


La FouineLa FouineLà où le bât blesse, c’est que les informations du STIC ont été obtenues sans trop de difficulté. A l’autre bout du fil, l’interlocutrice livre sans peine tous les méfaits où s’est retrouvé impliqué le rappeur Rohff à un certain inspecteur « Bernard Woody ». Second appel, dans un autre commissariat et cette fois, c’est la fiche de Booba qui est donnée. Enfin, dans le dernier canular, c’est celle de La Fouine qui est divulguée. Les enregistrements, initialement disponibles sur le site de Viol Vocal, commencent à faire le tour de web, et sont naturellement diffusées sur YouTube.

La mauvaise blague a réellement déplu à la Justice, puisque les différents parquets de l’agglomération parisienne ont lancé une enquête pour usurpation de la fonction de policier, collecte frauduleuse de données sensibles et divulgation de données à caractère personnel. L’affaire ne s’arrête pas là, puisque l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) veut également ouvrir une enquête, afin de savoir si les agents responsables de cette divulgation doivent être sanctionnés ou non.

Posez une question dans la catégorie News du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
    Votre commentaire