France.fr aura un nouvel hébergeur

Le gouvernement a décidé de faire appel aux services de Typhon pour l’hébergement du site France.fr soi-disant en réponse aux énormes difficultés rencontrées avec Cyberscope. La réalité semble néanmoins plus complexe.

Les problèmes de France.fr

France.fr n’a clairement pas donné une bonne image de ce que l’État pouvait faire pour promouvoir l’Hexagone sur la Toile (cf. « France.fr : la honte du web tricolore »). Après quelques heures en ligne et seulement 50 000 visiteurs, le site s’est effondré lamentablement et sa réouverture n’est pas anticipée avant la deuxième moitié du mois d’aout.

Néanmoins, contrairement à ce qui a pu être dit au départ, le site challenges.fr explique que ce n’est pas le nombre de pages vues qui fut la cause de la fermeture, mais les très nombreux dysfonctionnements (pages introuvables, confusions énormes entre les langues avec des pages en français renvoyant vers un lien espagnol par exemple).

Un site mal conçu

Au coeur du problème, les personnes proches du dossier pointent vers l’utilisation du CMS Drupal qui demande une certaine expertise pour être adapté aux besoins d’un tel portail. Choisi par la PME Modedemploi qui a été sélectionnée parmi les trois candidats ayant répondu à l’appel d’offres du gouvernement, le système open source de gestion de contenu aurait été mal exploité et le site France.fr n’aurait pas été testé pour voir s’il pouvait prendre en charge une montée importante du nombre de visiteurs.

Pourquoi changer alors d’hébergeur si c’est la conception même du site qui semble être remise en cause ? C’est une question dont la réponse reste obscure. Certains pointent évidemment vers des problèmes de gestion du trafic, mais la responsabilité de Cyberscope n’apparaît plus aussi évidente que cela. En attendant, le gouvernement se devait de réagir vite et le changement d’hébergeur fait partie des mesures que beaucoup attendaient. Typhoon, qui héberge entre autres Meetic, Rue89, Netvibes ou eTF1 est un choix logique.

Les leçons de ce fiasco

Les procédures administratives auxquelles est soumis ce genre de projet imposent des délais incompatibles avec les exigences du web, ce qui place le gouvernement dans une impasse. Le SIG semble avoir pris les choses en main et s’il ne peut pas faire directement appel à des sociétés comme Overblog ou OVH, car elles n’ont pas répondu à l’appel d’offre lançée en 2009, le service travaille avec leurs dirigeants pour débloquer cette situation le plus tôt possible.

Nous continuons d’affirmer que ce fiasco déshonore l’image tricolore sur le web. Il est regrettable que le SIG ne se soit pas aperçu plus tôt que le projet avançait droit dans le mur. En attendant, cette histoire aura eu le mérite de montrer que le Code des marchés public avait besoin d’un sérieux lifting pour s’adapter aux nouvelles contraintes numériques et le ralliement des grosses entreprises françaises du web qui se sont massivement ralliées derrière le gouvernement pour l’aider à rouvrir cette fenêtre numérique sur la France, à participer au mouvement de solidarité sur la Toile qui a déjà propulsé france.fr parmi les trois premiers résultats de Google.fr lorsque l’on fait une recherche sur le mot clé « France ».

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15 commentaires
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  • but2ene
    La france victime de son système d'appel d'offre ... Ceux qui proposaient des prix battant toute concurrence était une entreprise foireuse, limite amateur. Le teste de charge doit toujours être fait. C'est quand même le béaba du métier. Quoi qu'on en dise web master est un métier différent de designer.

    L'agence modedemploi a l'air d'être spécialisé dans le design et le flash. Je me demande même si ce n'est pas leur premier site de cette envergure.
    ....
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  • Fnouc
    Bien dissimulés derrière les états d'âme et les opinions personnelles du rédacteur, il y a quelques informations dans cet article...

    Sérieusement, restez-en aux fait, on n'a pas besoin de "soi disant", "lamentable", "fisaco", "honte", "déshonore", etc à toutes les lignes.

    On veut des faits avant tout.

    Surtout que vous expliquez qu'il y a de nombreuses zones d'ombres : cela devrait suffire pour avoir un avis prudent sur la question.

    Je ne comprends pas en quoi le code des marchés publics avait besoin d'un lifting. Quand on choisit un prestataire, on ne sait pas encore quel boulot il va rendre. Et dans un projet comme celui là, il suffit d'un seul gugusse pour tout planter.
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  • but2ene
    fnoucJe ne comprends pas en quoi le code des marchés publics avait besoin d'un lifting. Quand on choisit un prestataire, on ne sait pas encore quel boulot il va rendre. ...

    Apparemment, la procédure pour changer de prestataire quand le précédent a merdé est assez lourde et longue...

    Regarde l'article de chanllenges.fr, il est mieux fait et donne plus d'informations.
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