Le premier martyr d'Hadopi

Chaîne privée ?Chaîne privée ?MISE A JOUR :

Nouveau rebondissement dans l’affaire Hadopi/TF1. Lors d’une séance de l’Assemblée Nationale, Christine Albanel a affirmé que « Renseignement pris, il s'avère qu'un mail adressé à Madame de Panafieu qui, donc, l'a adressé au ministère pour avoir des éléments techniques. Ce qui a été fait. Mais, à ma connaissance, il n'y a eu rien de plus. »

Le message est pourtant arrivé chez TF1

Et pourtant, le message électronique de Jérôme Bourreau-Guggenheim a bien été transmis à TF1 qui dit l’avoir reçu du ministère de la Culture. Ce sont donc deux avis émanant du même ministère de la Culture qui se confrontent ici. De son côté, Françoise de Panafieu, député du XVIIème a dit avoir transféré le mail sans prendre la peine de cacher le nom de l’intéressé puisqu' « en aucun cas le mail ne demandait la confidentialité […] Quand la confidentialité n’est pas demandée, il y a une touche qui s’appelle forward. »

"A chacun son travail"

Enfin, l’ex-candidate à la Mairie de Paris a terminé son allocution en s’associant à la ministre de la Culture : « A chacun son travail. Ca n’est pas le nôtre d’intervenir dans la politique salariale de TF1. » Pourtant, une question reste en suspend. Qui a transmis le mail de Jérôme Bourreau-Guggenheim à TF1. Pour le découvrir, Martine Billard, députée Verts, a indiqué au ministère de Christine Albanel qu’il serait intéressant d’ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.

Licencié pour "des prises de position radicales"

TF1 vient de réagir en annonçant qu’il a dû se séparer de son Responsable du Pôle Innovation Web de TF1 pour « des prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement à plusieurs reprises. » Une déclaration qui entre en conflit direct avec les propos du principal intéressé. Tout cela se jouera donc aux prud’hommes que Jérôme Bourreau-Guggenheim a décidé de saisir dans cette affaire.

La loi Création et Internet de Christine Albanel fait parler d’elle pour son premier refus à l’assemblée. Aujourd’hui, elle est le théâtre d’un autre rebondissement, le renvoi de Jérôme Bourreau-Guggenheim, responsable du pôle innovation Web de TF1. L’affaire a été révélée par le quotidien Libération dans son édition du 7 et 8 mai.

Un email  privé en cause

Sa faute est d’avoir envoyé un email à titre personnel à sa députée du 17e arrondissement parisien, Françoise de Panafieu, en utilisant son adresse gmail. Dans le corps du texte, il exprimait son désaccord avec le projet de loi Hadopi. Il est pour la lutte contre le piratage, mais contre les sanctions prévues par Hadopi. Selon lui, « plutôt que de critiquer, il faut agir. » Une action qui lui a coûté sa place.

TF1 "ne peut laisser passer ça"

Le 4 mars, Bourreau-Guggenheim est convoqué par le président de eTF1, Arnaud Bosom. Dès lors, son licenciement est mis sur les rails. Son supérieur lui « lit le mail mot-à-mot ! Et il me dit qu’il ne peut pas laisser passer ça, que je n’ai pas le droit d’avoir cette opinion. » Une objection qui entre en total désaccord avec le principe de liberté d’expression. En effet, Jérôme Bourreau-Guggenheim avait exprimé son avis « à titre privé dans une correspondance privée ! »

Comment l'information a-t-elle filtrée ?

Jérôme Bourreau-GuggenheimJérôme Bourreau-GuggenheimLe plus gênant dans cette histoire est de comprendre comment un tel email a pu parvenir aux bureaux de la chaîne privée. Selon elle, il émanait directement du ministère de Christine Albanel. De son côté, l’attaché parlementaire de Françoise de Panafieu a déclaré avoir transmis le message de Bourreau-Guggenheim au ministère de la Culture pour « obtenir un argumentaire. » Les députés préfèrent effectivement demander la marche à suivre afin de répondre à des questions sensibles.

Lettre et prud'hommes

Un mois après son entrevue avec le président de eTF1, Jérôme Bourreau-Guggenheim reçoit sa lettre de licenciement. Celle-ci fait état d’une « divergence forte avec la stratégie » du groupe. Pour le principal intéressé, la stratégie de TF1 se résume en quelques mots : « gagner de l’argent. » Ne voulant pas s’arrêter là, l’ex-responsable du pôle innovation Web de TF1, va saisir les prud’hommes pour licenciement abusif. En France, un employé ne peut être discriminé pour ses idées politiques, d’autant plus lorsqu’elles sont exprimées de façon privée. Rappelons que le projet de loi Création et Internet fera l’objet d’un second vote à l’Assemblée Nationale le 12 mai.

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  • Nesousx
    Une seule à dire, à l'intéressé s'il me lit : mène cette action jusqu'au bout ! Et surtout, très bon courage.
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  • Tous les commentaires
  • Neshi_el_Psychopatho
    Elle est belle la France du tandem Sarkozy-TF1...
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  • Nesousx
    Une seule à dire, à l'intéressé s'il me lit : mène cette action jusqu'au bout ! Et surtout, très bon courage.
    11
  • Anonyme
    Cette loi est un grand n'importe quoi ! Toute opposition à Hadopi est contrée, sanctionnée, ignorée. C'est un pur passage en force !
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