Atari et Commodore en deuil : décès de Jack Tramiel

Jack Tramiel, l’une des légendes de la micro, nous a quittés. Jack Tramiel a longtemps été le président de Commodore… avant de devenir celui de la marque concurrente, Atari. On lui doit des machines révolutionnaires comme le C64, mais aussi l’Atari ST, surnommé dans les années 80 le « Jackintosh ».

Un peu d'histoire : originaire de Pologne, Jack Tramiel est déporté à Auschwitz puis libéré en avril 1945. Il émigre alors aux Etats-Unis, où il devient chauffeur de taxi, avant d’ouvrir une petite boutique de machines à écrire dans le Bronx, baptisée Commodore Portable Typewriter. En 1955, il fonde Commodore Business Machines et commence à s'intéresser aux calculatrices électroniques. Mais c'est surtout à partir de 1977 que la marque s'impose en lançant l'un des premiers ordinateurs familiaux : le Commodore PET. 

Commodore 64 : premier aboutissement

Suivront le VIC-20 et surtout le Commodore 64, qui fait encore de nombreux émules (les amateurs du SID se reconnaitront). Jack Tramiel lance alors le slogan « We need to build computers for the masses, not the classes ». En 1984, coup de théâtre : Jack quitte Commodore et rachète la Consumer Division d’Atari, qui se porte très mal depuis le krach du monde du jeu vidéo en 1983. L’année suivante, Atari et Jack Tramiel lancent une petite bombe dans le monde de la micro : l’Atari ST. La signification des lettres ST reste incertaine : officiellement il s'agit du premier ordinateur 16/32 bits, soit Sixteen/Thirty-two en anglais. Officieusement, ce sont aussi les initiales du fils de Jack, Sam Tramiel. La machine révolutionne le monde de la micro et son succès durera quelques années. Elle intéresse à la fois les entreprises, les joueurs, mais également les compositeurs. Elle entre en concurrence avec le Macintosh de Steve Jobs, et certains la baptiseront d’ailleurs le Jackintosh. L'Atari ST connait plusieurs déclinaisons (STe, Mega ST, TT, etc.) et se confronte à l’Amiga, réalisé par Commodore, l’ancienne compagnie de Tramiel. Les deux frères ennemis sombreront au début des années 90 face au marché émergeant des PC. Les tentatives d’Atari de reconquérir le marché du jeu vidéo à l’aide de ses consoles Lynx et Jaguar se révèleront infructueuses. En 1996, Tramiel cède Atari au fabricant Jugi Tandon Storage, qui sera racheté par Hasbro Interactive, puis cédé à Infogrames en 2001.

Tramiel au-delà de l'informatique


Depuis son départ d'Atari/JTS, Tramiel avait pris sa retraite en Californie. Très connu pour son apport dans l’univers de l’informatique, on sait moins que Jack Tramiel avait aussi participé à la création du Musée du Mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis, situé à Washington. L'homme est décédé dans des circonstances encore inconnues à l’âge de 83 ans.

Avec le décès de Jack Tramiel, une page se tourne. Si les messages de condoléances pleuvent déjà sur les sites de retrogaming, c’est à la fois le monde de l'informatique et celui du jeu vidéo qui sont en deuil...



Jack Tramiel à l'occasion des 25 ans du C64

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1 commentaire
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  • patchman
    Citation:
    La signification des lettres ST reste incertaines

    J'ai toujours su que ST voulait dire Sixteen/Thirty-two. Tous les autres micro étaient en 16 bits.
    J'ai eu un ST1024 avec le fameux TOS, qui lui veut dire Tramiel Operating System. Il est possible qu'en fin de compte le ST est en rapport avec son fils, mais je n'en ai jamais entendu parlé à l'époque de la sortie du micro.
    Après la disparition de JOBS, c'est au tour de TRAMIEL.
    L'informatique est en deuil encore une fois...
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