Kazaa accusé d’ignorer les ordres

Infos-du-Net.comNous vous parlions hier de l’ultimatum qu’avait reçu Sharman Networks, éditeur du logiciel d’échange de fichiers par Peer to Peer Kazaa, qui consistait à la pose de filtres sur le moteur de recherche de fichiers intégré à son logiciel afin d’éviter l’échange entre internautes de fichiers protégés par droits d’auteur (voir notre actualité intitulée Les australiens ne pourraient plus utiliser Kazaa ?).
Sharman Networks avait initialement jusqu’au 5 décembre dernier pour s’exécuter, mais bénéficiant d’une rallonge du juge, cette date s’est vue repoussée au mois de février 2006, laissant près de deux mois supplémentaires à l’éditeur pour apposer ses filtres et continuer ainsi de diffuser légalement son logiciel.
Seulement, depuis peu de temps, un message est visible sur la page d’accueil du site dédié au logiciel, avertissant les utilisateurs australiens qu’ils ne doivent pas télécharger ni utiliser Kazaa.
Ce message serait, selon l’industrie australienne de la musique, un moyen d’éviter d’avoir à poser des filtres sur son logiciel, ce qui déplaît fortement aux maisons de disques...

"Mais si, on allait le faire..."

L’Australian Record Industry Association (ARIA), qui défend les intérêts des maisons de disques en Australie, grogne depuis quelques temps, depuis qu’une annonce circule sur le site de Kazaa prévenant les utilisateurs australiens que suite à l’action en justice intentée contre son éditeur, le logiciel est devenu illégal en Australie et qu’il est donc interdit de le télécharger ou de l’utiliser sur ce territoire.
Seulement, ce n’est pas ce que demandait l’ARIA, qui réclame de la part de Sharman Networks la pose de filtres d’environ 3 000 mots (mots qui sont fournis par l’ARIA) afin de ne plus pouvoir trouver sur le réseau de fichiers en relation avec ces mots.
L’ARIA estime que ce genre de message est un moyen détourné de s’éviter la pose de ces filtres pour Sharman Networks, qui s’en défend.
"Nous avons pris des mesures encore plus rigoureuses que les filtres par mots-clés", "Nous avons été prévenus que si nous nous plions aux ordres de la Cour pour le mois de décembre, notre appel serait entendu au mois de février, c’est donc ce que nous avons fait." affirme un porte-parole de Sharman Networks.

Kazaa pris en mauvais élève

Stephen Peach, de l’ARIA, accuse Sharman d’avoir jusqu’à maintenant ignoré les ordres du tribunal et affirme qu’"on ne peut pas les croire sur parole alors qu’ils viennent de montrer qu’ils n’avaient pas l’intention de se plier aux ordres qui leur ont été donnés", "Ils ont eu une chance de se racheter et ils l’ont ruinée".
Il en a également profité pour préciser que le téléchargement d’oeuvres protégées était toujours possible sur le réseau, en dépit des avertissements de Sharman et des modifications qu’ils étaient censés avoir apportées.
"Il est évident qu’ils n’ont jamais eu l’intention d’appliquer de filtres, alors que cela aurait été le strict minimum". "Leur réponse est une insulte à la Cour, au public et à tous les artistes qui sont illégalement échangés sur ce système".
Toujours est-il que s’il est prouvé que Kazaa avait pour intention d’ignorer les ordres de la Cour, ils pourraient être conduits à fermer définitivement leur Logiciel.

Source : Afterdawn