Le Figaro Madame s'attaque à Mme Figaro et son blog

Les chantiers de l'apprentissageLes chantiers de l'apprentissage

En 2012, il ne fait pas bon s’appeler Figaro. Le célèbre groupe de presse éponyme a adressé une mise en demeure à une institutrice qui porte ce patronyme et l’utilisait sur son blog.

« La Classe de Madame Figaro », voilà l’origine du délit. Le nom du blog de cette institutrice n’a pas plu au Figaro qui a jugé qu’il s’agissait d’une contrefaçon. Le groupe de presse lui a demandé d’accoler son prénom à son nom pour lever toute ambiguïté. Une requête à laquelle Madame Figaro n’a pas souhaité donner suite invoquant le fait que dans « dans mon contexte professionnel, mes élèves, les parents, mes supérieurs, les élus (…) m’appellent « Madame Figaro », et ne connaissent pas nécessairement mon prénom. » Elle a alors proposé en retour de modifier le nom de son blog en « La classe de Mme Figaro », une alternative qui n’a pas comblé le service juridique du magazine féminin qui a alors lâché son avocat.

Selon la lettre de cet avocat, « La contrefaçon de marque peut faire l’objet d’une action civile […]. Les sanctions pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. »

Soutien à Madame FigaroSoutien à Madame Figaro
C’est un couperet qui s’est abattu sur la pauvre institutrice bien peu accoutumée aux affaires juridiques. Bien que l’Institut National de la Propriété Industrielle a expliqué que la plainte du Figaro n’avait pas de valeur légale, Madame Figaro a préféré s’écarter de la menace d’un procès. « Je n’ai pas la carrure ni les moyens d’affronter ces gens en justice, j’ai donc pris la décision de modifier le nom de mon blog » en « Les chantiers de l’apprentissage. »

Rapidement soutenus par ses lecteurs, Madame Figaro et son blog ont été portés sur les réseaux sociaux et sur tout l’Internet français, faisant ainsi éclater ce que l’on pourrait appeler un « bad buzz. » Critiqué et boycotté de toute part, le magazine féminin du Figaro entend désormais trouver un arrangement. Aux dernières nouvelles, Madame Figaro a reçu une lettre de l’éditrice de Madame Figaro qui s’exprime en ces termes : « on ne pensait pas que ça prendrait tant d’ampleur. On va voir ce qu’on peut faire. Vous allez pouvoir récupérer votre nom… peut-être. » Sans nul doute, le « peut-être » est de trop.

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6 commentaires
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  • voun
    De toute façon les gens sensés n'achetaient déjà pas ce torchon, ce genre d'action ne fait que les conforter dans leur bon sens ...
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  • cyberscooty
    inadmissible que la pauvre institutrice ai dû changer de nom de domaine....je ne vois pas en quoi "la classe de Mme Figaro" peut être confondu avec "le figaro madame". A part se récolter une très mauvaise publicité je ne voit pas ce que le groupe de presse a y gagner.
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  • Spartakiste@guest
    Cela rappelle l'utilisation, par Houellebecq du titre d'un livre déjà déposé "La carte et le territoire", par un auteur peu connu, Michel Levy...

    Houellebecq et son éditeur savaient très bien que le livre du "petit" auteur existait, mais ils ont compté sur l'étouffement de l'affaire.

    L'affaire est tellement été honteuse pour Houellebecq qu'elle est parue en première page du ... Figaro littéraire (/12/2101).

    Ca n'a pas gêné l'Académie Goncorut puisque Houellebecq a ensuite obtenu leur prix Goncourt pour son livre, Pendant ce temps, Flammarion, éditeur de Houellebecq, affirmait honteusement que le premier livre "La carte et le territoire" de Michel Levy n'existait pas !

    Les gros mastodontes et leur fric n'ont pas toujours le dernier mot, car tout se sait finalement.
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