Nikon 1 J1 : un hybride atypique

Cet appareil photo hybride est la première incursion de Nikon sur le terrain des hybrides. Le constructeur a d’ailleurs choisi un chemin original. Plutôt que d’aller piocher dans le catalogue des 4/3 ou des APS-C reflex, c’est un nouveau capteur plus compact qui prend place dans le boîtier. Cela permet une meilleure compacité des objectifs mais entraîne forcément des conséquences sur le comportement en faible lumière. Nikon a également misé sur la rapidité de la prise de vue pour une nouvelle manière de photographier.

Deux modèles composent pour l’heure la nouvelle gamme hybride du constructeur. Le Nikon 1 J1 en est la déclinaison la plus grand public sans viseur électronique dont est équipé le V1. Ce sont des appareils au format compact qui sont construits autour d’un capteur au format CX conçu spécialement pour cet appareil, là où la concurrence se sert souvent d’un détecteur APS/C ou 4/3. La gamme d’objectifs est d’emblée assez étendue, spécialiste de l’optique oblige, du traditionnel Pancake 10 mm (27 mm en équivalent) au téléobjectif 30-110 mm (81-297 en équivalent). Le Nikon 1 J1 a beau être moins cher que le V1, il n’est pourtant pas donné à la vue des spécifications. Nikon va donc devoir justifier cela par la technologie embarquée qui est il est vrai intéressante.

Une question de capteur

La première originalité de cet appareil photo est donc d’utiliser un capteur au nouveau format CX. Sa taille physique est de 13,2 x 8,8 mm, contre 23,4 x 15,7 mm env. en APS-C, 17,3 x 13,0 mm en 4/3 et 7,5 x 5,6 mm en 1/1,7 (compacts experts). On est donc quelque part à mi-chemin entre la taille d’un capteur de compact haut de gamme et celle d’un reflex. Sinon, il s’agit en fait d’un capteur CMOS, a priori illuminé en face avant contrairement à la pratique chez Sony par exemple, offrant une résolution confortable de 10,1 millions de pixels.

Est-ce franchement une bonne idée ? Côté prix, oui, clairement. Les petits capteurs sont moins chers et l’utilisateur (ou la marge du constructeur, c’est selon) en bénéficie, tout comme cela permet de réaliser des objectifs plus compacts. En revanche, on sait aussi qu’un capteur plus grand permet à priori une meilleure montée en sensibilité, surtout s’il est illuminé en face avant. Comme Nikon a été raisonnable sur le nombre de pixels par ailleurs, cela compense partiellement. Et ce n’est pas nous qui allons pousser à la surenchère de pixels qui pour un amateur ne fait vraiment pas sens. Nikon annonce une sensibilité qui monte tout de même à 6400 ISO, ce dernier mode étant baptisé Hi-1. On verra plus loin ce que cela donne dans la pratique.

Lire le test complet chez EreNumérique

Premier contact

Parlons d’abord de l’ergonomie du Nikon 1 J1. Le boîtier est très léger, et pour cause, il est tout en plastique. Il faut s’orienter vers le V1 pour bénéficier d’une coque en magnésium. Pour autant, la finition est loin d’être ridicule, plastique ou pas. Par ailleurs, le J1 est vraiment très compact et son zoom standard ne le rend pas ridicule contrairement à certains hybrides. Mais ses mensurations n’ont rien d’extraordinaires au regard du capteur employé. Le Panasonic GF3 est un peu plus léger et à peine plus volumineux alors qu’il est équipé d’un capteur bien plus grand. De même, le nouveau zoom motorisé 14-42 mm de Panasonic est moins épais que le 10-30 de Nikon mais il est logiquement d’une diagonale plus importante en raison du capteur 4/3 toujours. Au final, on peut dire que l’encombrement se vaut avec un zoom standard.

La prise en main n’est pas évidente. Déjà, les deux boutons de déclenchement (un pour la photo, l’autre pour la vidéo) prêtent à confusion et il faut un peu de temps pour s’y faire. Ensuite et contrairement au Fuji X100 par exemple, l’appareil Nikon ne dispose que de très peu de boutons et il faut à chaque fois passer par les menus pour ajuster la sensibilité ou le mode de priorité qui vous intéresse. C’est une solution satisfaisante pour qui reste en mode tout auto le plus souvent mais si on s’oriente vers ce type d’appareil, c’est aussi pour aller en explorer les possibilités. Une molette à trois crans au dos de l’écran permet de choisir entre les trois modes principaux de prise de vue : Standard, Smart Selector ou Instant animé. A noter d’ailleurs que les menus sont austères mais on trouve assez facilement la plupart des fonctions désirées. La plus intéressante consiste notamment à brider la montée en ISO du détecteur et on verra plus loin que c’est vraiment utile.

Pour finir avec le boîtier, le J1 dispose d’un flash escamotable, pour ne pas dire périscopique, qui jaillit tel un diable de sa boîte dès qu’on presse le bouton. C’est loin d’être un fantasme de designer. En fait, la position très haute du flash permet d’éviter tout ombre quelque soit l’objectif installé. Vous allez me dire qu’utiliser le flash avec un objectif 300 mm en équivalent c’est ridicule et j’aurai tendance à abonder dans votre sens, mais bon…

Autofocus performant

Contrairement aux autofocus des appareils reflex, c’est le capteur CMOS lui-même qui est utilisé ici pour faire la mise au point. C’est un système classique à détection de phase qui est utilisé avec jusqu’à 73 points de collimation. Mais si le sujet est faiblement éclairé, c’est un algorithme à détection de contraste qui prend le relai, avec 135 points cette fois-ci. A l’essai, il faut avouer que ce basculement est transparent pour l’utilisateur. Dans les faits, l’autofocus est plutôt rapide, dans la moyenne ce que nous avons pu essayer sur les derniers hybrides concurrents. Cependant, on est encore loin des capacités d’un reflex disposant d’un système dédié. A noter qu’il est possible d’activer un mode « tracking » qui suit les visages quand vous prenez une photo, pratique quand vous avez des enfants turbulents. La netteté qui résulte de la mise au point est sinon rarement prise en défaut, même quand la luminosité est vraiment faible. Le pari est réussi sur ce point.

Lire le test complet chez EreNumérique

Des choix un peu curieux

Au final, le Nikon 1 J1 est un hybride qui attire l’œil mais dont le positionnement n’est pas très évident. Le photographe amateur à la recherche d’un petit appareil doté d’objectifs interchangeables de qualité aura du mal à accepter une montée en sensibilité aussi limitée. D’un autre côté, celui qui cherche juste plus de possibilités pour la prise de vue sans sortir des automatismes n’aura cure des raffinements offerts par l’appareil car trop techniques finalement avec la nécessité d’un certain investissement personnel pour arriver à un résultat qui ait un intérêt au-delà de l’aspect gadget que l’on essaie une fois avant de ne plus jamais y revenir. Reste donc celui qui se passionne pour la prise de vue en mouvement ou pour la vidéo en slow motion. Et encore, si c’est la photo rapide qui l’intéresse, il aura tout intérêt à s’orienter vers le V1 et son viseur électronique. Et encore bis, il sera mieux inspiré d’opter pour un reflex un peu sophistiqué et rapide qui dispose d’une visée autrement plus adaptée à ce type de photographie. Anticiper une action, c’est une chose, l’avoir dans le cadre en est une autre...