SFR et Bouygues veulent partager leurs réseaux mobiles

Les deuxième et troisième opérateurs nationaux SFR et Bouygues Telecom sont prêts à (un peu) enterrer la hache de la concurrence. Ils ont annoncé hier soir être en négociation pour « partager une partie de leurs réseaux mobiles ». Il s’agirait d’un partage des infrastructures, mais sans aucune modification de chacune des entités : il ne s’agit ni de fusion, ni de rachat. Raison pour laquelle chacun restera autonome sur le plan commercial et de l’innovation.

Cette solution est probablement la plus adaptée pour les deux acteurs, qui souffrent de plusieurs difficultés depuis l’arrivée de Free Mobile. Reste à l’ARCEP, l'autorité de régulation des télécoms, et bien sûr à Autorité de la concurrence de se prononcer sur la question. Ce dernier avait toutefois indiqué en mars dernier qu’un tel rapprochement « pouvait être envisagé » afin « d’économiser des couts et d’améliorer la couverture ». Du côté du gouvernement, ni Arnaud Montebourg (ministre du Redressement productif) ni Fleur Pellerin (Ministre de l'Innovation) semblent contre l’initiative, les ministres se contentant d’indiquer dans un communiqué avoir pris connaissance de la discussion, « particulièrement adaptées lorsque les niveaux de marge sont plus contraints, comme c’est le cas à l’heure actuelle ».

Un réseau mutualisé pour 32 millions d’utilisateurs mobiles

Pour l’utilisateur, un tel rapprochement ne serait que bénéfique. Le communiqué des deux entités est plutôt laconique, se limitant à expliquer que « l’ambition des deux opérateurs est d’offrir à leurs clients respectifs la meilleure couverture géographique et la meilleure qualité de service ». Le négociation concerne bien entendu la 4G (le nerf de la guerre actuellement sur le secteur). L'ARCEP, qui a pris acte de la décision des deux opérateurs, rappelle d'ailleurs «que le cadre d’attribution des licences 4G qu’elle a élaboré en 2011 est favorable et incite, sous certaines conditions, à la conclusion d’accords de mutualisation ».

SFR est l’opérateur qui dispose de la plus faible couverture tandis que Bouygues, grâce à l’exploitation de fréquences 1 800 MHz, devrait disposer à partir d’octobre du plus vaste réseau en la matière. Sur ce point, rien ne change dans l'immédiat : Bouygues et SFR nous ont indiqué que la mutualisation du réseau ne concernerait pas les fréquences, uniquement les infrastructures (active et passive).

Mais cette mutualisation ne concernera pas uniquement la 4G. La 2G et 3G sont également touchée par les négociations. Il semblerait que les deux acteurs soient d’ailleurs assez pressés de régler les détails, puisque la déclaration fait état d’une volonté de « conclure avant la fin de l’année cet accord stratégique ». Du côté de la concurrence, Orange indique ne pas avoir de commentaire à faire à ce stade, tandis que Free ne s'est pas encore prononcé sur la question.

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1 commentaire
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  • Jeromeweb
    On a eu des nouvelles de ça depuis cet été?
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