USA : polémique entre WikiLeaks et Twitter

Une polémique a fait débat devant une Cour fédérale d’Alexandria (Virginie), aux États-Unis, impliquant Twitter et WikiLeaks. Le réseau social a en effet été épinglé pour avoir fourni, sur demande du gouvernement américain, des informations sur une parlementaire islandaise, Birgitta Jonsdottir, un chercheur américain en informatique, Jacob Appelbaum, ainsi que Rop Gongrijp, un hollandais ayant collaboré avec WikiLeaks, comme les autres noms cités.

Les plaignants effrayés, Assange scandalisé

Les avocats de ces personnes ont ainsi demandé l’annulation de l’injonction des USA. Pour l’avocat de Jacob Appelbaum, « cela constitue une grande nouveauté qui permettrait au gouvernement d’en savoir beaucoup plus sur nous qu’auparavant ». Pour lui, cela est une violation du IVe amendement américain, qui protège les citoyens d’une perquisition arbitraire.

L’avocat représentant le gouvernement a, quant à lui, fait valoir « une mesure d’enquête classique utilisée chaque jour de l’année partout dans le pays ». Twitter s’était vu obligé, par une ordonnance judiciaire rendue le 14 décembre dernier, de fournir des informations sur ces trois personnes, ainsi que sur tout utilisateur du réseau ayant un compte lié à WikiLeaks. Pour Julian Assange, fondateur de WikiLeaks qui s’est exprimé à ce sujet dans un communiqué, cette injonction des autorités américaines envers Twitter est « une attaque scandaleuse contre la vie privée et le droit à la liberté d’expression des usagers de Twitter. »

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6 commentaires
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  • Kenelm
    En fait c'est parfaitement légal.

    Certes, l'état américain n'a pas le droit d'enquêter sur une parlementaire islandaise, ou un partisan hollandais, par contre, il a parfaitement le droit d'aller taper dans les données de Twitter, entreprise américaine dont les serveurs se trouvent aux USA. Tant pis pour eux si ils ont donné des infos à ce site.

    C'est pour ça que la CNIL chez nous fait autant la chasse aux entreprises qui collectent des informations privées, même avec autorisation de la personne. Car dans la mesure où l'état n'a pas le droit de collecter ces informations, mais a le droit de saisir les données détenues par les entreprises, ça lui donne indirectement le droit d'obtenir ces informations.

    Depuis le temps qu'on explique aux gens qu'il ne faut donner d'informations privées à personne sur internet, et qu'il vaut mieux monter son propre site hébergé en France, avoir son propre domaine et sa boîte mail en France, plutôt que d'aller faire la même chose sur des sites étrangers... ou même français... mais non, Facebook/Twitter/Gmail/Hotmail/Myspace/Linkedin/Youtube c'est tellement plus simple...
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  • marco_99
    Je comprends que la justice US puisse ordonner a des entreprises situées sur sont territoire de leur donner des informations dans le cadre d'une enquete judiciaire, de la maniere dont l'explique Kenelm.

    Seulement il n'y a au préalable aucun délit ou chef d'accusation justifiant une instruction judiciaire, d'ou la demande de nullité de l’injonction des USA par les avocats des personnes concernées. Sinon ce serait bien une nouveauté qui permettrait au gouvernement, grace a une perquisition arbitraire, d’en savoir beaucoup plus sur quiconque lui déplait. Un Twittergate.

    C'est comme si M. Dupond révélait plein de trucs sur moi et qui m'embêtent. Je ferais éventuellement ma petite enquête pour trouver comment M. Dupond a eu ces informations sur moi, voir trouver à mon tour quelque chose contre lui. Mais ca ne me donne pas les droits légaux d'enjoindre sa banque de me fournir ses relevés de comptes, ou son opérateur mobile de me détailler tous ses appels...
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  • Kenelm
    Ben toi t'as pas le droit de demander tout ça, mais l'état oui... :/
    Enfin de base non, ils font pas non plus ce qu'ils veulent. Mais en invoquant certains motifs, comme la sécurité de l'état, la guerre contre le terrorisme, la sécurité du président... on peut tout se permettre...

    D'ailleurs, y'a des rapports alarmants provenant de nombreux pays qui indiquent que ces motifs sont invoqués de plus en plus souvent, y compris pour des cas qui ne méritent pas une telle attention. Au final ils ont plein de restrictions, avec quelques issues de secours pour les cas extrêmes, mais ces issues de secours sont les seules qui sont empruntées.
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