Tout comprendre sur l’Affaire Bouygues - SFR - Free

Le marché de la téléphonie est sur le point de prendre un tournant. À la surprise générale, Bouygues et Free Mobile ont signé dans la nuit de vendredi à samedi un accord que l’on peut qualifier d’historique : la revente du réseau mobile du premier au second. La vente concerne les 15 000 antennes de la firme et un portefeuille de fréquences 2G, 3G et 4G, pour une somme qui pourrait attendre 1,8 milliard d’euros. Rien que pour la 4G, le réseau de Bouygues s'appuie sur plus de 6 000 antennes, contre seulement 1 000 pour Free Mobile.

Seulement, cet accord ne sera valable que dans le cas où Bouygues parviendrait à mettre la main sur SFR. En fait, cette démarche vise précisément à augmenter ses chances dans cette affaire, afin de montrer patte blanche devant l’Autorité de la Concurrence. Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, a tout à fait conscience qu’« en cas de fusion avec SFR, nous aurions un réseau de trop. » Reste que cette entente soudaine est au moins amusante, compte tenu des nombreux échanges, musclés, entre les deux opérateurs depuis deux ans.

L’importance de la fusion Bouygues - SFR

Surtout, cela montre au moins à quel point le projet de fusion avec SFR est important pour le troisième opérateur français et ses 11 millions de clients. Il s’agit tout de même de mettre la main sur le second réseau le plus dense, fort de 21 millions d’abonnés, de quoi permettre à l’ensemble de passer devant le leader historique Orange (27 millions d’abonnés). Pour autant, difficile de savoir quelle marque restera, entre Bouygues et SFR. Olivier Roussat, dans son interview avec le JDD, assure ne pas avoir encore décidé.

L’annonce a notamment fait réagir le Ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, visiblement favorable à l’offre de Bouygues sur SFR et ses conséquences pour Free : « Si on revient à trois, on est plus fort que si on subsiste à quatre », estimant que « la concurrence par la destruction s’arrêta si nous revenons à trois opérateurs mobiles tout en maintenant des prix bas », ce qui est impossible « si Numéricable conquiert SFR ».

Quel impact sur les consommateurs ?

Compte tenu de la croissance de son nombre d’abonnés, 8 millions en deux ans, l’offre du réseau mobile de Bouygues tombe à pic pour Free. C’est même Noël avant l’heure : un réseau clé en main, pour un tarif qui équivaut à trois ans d’itinérance chez Orange pour les réseaux 2G et 3G. Une paille donc. Et au final, le grand gagnant dans toute cette histoire, ce serait bien Xavier Niel. Après avoir renversé le marché avec un réseau qui balbutiant il y a deux ans, il pourrait arriver demain à la troisième place du marché des mobiles avec une infrastructure bien plus solide moyennant un investissement finalement minime.

L’avenir est donc entre les mains de Vivendi, maison mère de SFR, qui pourrait statuer sur la question dès vendredi prochain. Si l’offre de Bouygues venait à être retenue, le marché du mobile se transformerait à nouveau, pour revenir à une configuration bien plus confortable pour ses acteurs : 3 opérateurs. L’UFC-Que Choisir a d’ailleurs fait savoir que cela à de quoi « inquiéter le consommateur », puisqu’une hausse des prix est tout à fait envisageable. Comme le rappelle Alain Bazot, président de l’association de consommateur, « les clients en France ont beaucoup souffert de l’existence d’un cartel de trois opérateurs, qui avait réalisé une entente illicite ».

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  • HerveS@idn
    Je ne suis pas expert en télécoms, mais il y a quelque chose qui me dérange : Bouygues se vante d'avoir le meilleur réseau, notamment en 4G, et va donc le vendre à Free qui a le nombre le moins important d'abonnés. Étant chez Free, ça ne me dérange pas de me retrouver sur le meilleur réseau avec le nombre d'abonnés le moins important.Ma question est plutôt : comment ça va se passer pour les quelques 32 millions d'abonnés qui vont se retrouver sur un réseau qui est donné comme "moins bon" et qui risque donc de saturer ? J'ai un peu de mal à comprendre cette logique qui est un peu comme toujours d'avoir toujours plus d'abonnés sans aucun argument pour les fidéliser, voire même le contraire sur ce coup : "venez (ou restez) chez nous, on vient de vendre le réseau qui était notre meilleur argument de vente"
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