Victimes d'une antenne relais... inactive

C’est demain que s’ouvre le « Grenelle des antennes » initié par le ministère de la Santé. Alors que les troubles de la santé liés aux antennes-relais font souvent la une, un exemple est évocateur de l’imbroglio dans lequel se trouvent opérateurs et associations de défense.

L’antenne n’était pas branchée

Dans la dernière édition du Journal du Dimanche, une famille de Saint-Cloud témoignait des symptômes apparus depuis qu’une antenne-relais avait été installée juste en face de leur immeuble : fatigue intense, gout métallique dans la bouche, saignement de nez. Il n’en fallait pas plus au chef de la famille Dubas pour agir et poser sur ses fenêtres un filtre de protection. Un exemple très anxiogène qui donnait une fois de plus froid dans le dos quant aux effets des ondes émises par ces antennes et donnait encore des doutes de leur innocuité.

Mais c’était sans compter un communiqué d’Orange diffusé hier, précisant que ces nouvelles antennes n’étaient tout simplement pas encore en service. « Les trois antennes mobiles installées depuis le mois de mars dernier n'ont jamais fonctionné et n'ont donc jamais émis la moindre onde » précise l’opérateur, qui ajoute que « le raccordement au réseau électrique n'a eu lieu que le 10 avril dernier alors que des riverains décrivent des troubles antérieurs à cette date. » Et de terminer en expliquant que « la date de mise en service des antennes-relais n’est pas encore programmée. »

Si cet exemple parait mettre en avant des troubles psychosomatiques, certaines études montrent tout de même que les ondes ne sont pas totalement innocentes dans les comportements et l’évolution de certaines cellules. Les experts s’étripent sur le sujet. Pour la première fois, tous les acteurs gravitant autour de cette problématique (opérateurs, élus, pouvoirs publics, associations, partenaires sociaux et agences sanitaires) seront réunis autour d’une table pour faire le point sur le sujet. Le ministère de la Santé espère ainsi « trouver un consensus » et des mesures qui pourraient être intégrées à la seconde loi relative au Grenelle de l’environnement dont l’examen à l’Assemblée est prévu pour le mois de juin.