Apple refuse d’aider le FBI à pirater un iPhone

En fin d’année dernière, la Californie était la scène d’une attaque présumée terroriste à San Bernadino. L’enquête est toujours en cours et l’un des éléments les plus critiques est actuellement un smartphone. En effet, l’un des auteurs de l’attaque possédait un iPhone 5C, que les services de renseignement américains ne parviennent pas à percer et Apple se refuse à toute aide permettant aux agences de forcer la sécurité de l’appareil.

C’est pourquoi le FBI a demandé à la magistrate Sheri Pym son intervention afin de contraindre la firme californienne à se montrer plus coopératif. Et dans sa décision rendue mardi 16 février, la juge demande à ce qu’Apple fournisse « une assistance technique honnête » afin notamment de contourner la fonction d’auto-effacement de l’appareil. Ce système de sécurité se déclenche, lorsqu’il est configuré, si l’on tape à de trop nombreuses reprises un mot de passe incorrect)

La firme avait cinq jours pour répondre, il lui en a fallu moins que cela pour le faire. Et tout se passe depuis un communiqué officiel signé de la main du CEO de la société, Tim Cook, qui s’oppose à cette décision en brandissant la défense de la sécurité de ses clients : « Le gouvernement demande à Apple de pirater nos propres utilisateurs et de revenir sur des décennies de progrès en matière de sécurité de nos clients ».

Le patron de Google, Sundar Pichai, s’est joint au débat en soutenant la décision d’Apple, expliquant sur Twitter que si « les forces de l’ordre font face à des challenges importants afin de protéger le public contre les crimes et le terrorisme », « c’est une tout autre chose d’exiger de sociétés la possibilité de pirater les appareils et données d’un client ». Edward Snowden, l’ancien employé de la CIA qui révélé en 2013 les programmes de surveillance des agences américaines, a également pris position sur le réseau social : « Le FBI est en train de créer un monde où les citoyens font confiance à Apple pour protéger leurs droits, plutôt que l’inverse ».

Cette affaire n’en est donc qu’à ses débuts et devrait faire parler d’elle un bon moment tant elle rappelle les exigences indiscrètes - et pas nouvelles - des services de renseignement américains qui mettent largement en péril la sécurité des données des utilisateurs.

>>> Lire : Edward Snowden : neuf mois de révélations

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1 commentaire
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  • HistrionGG
    Les utilisateurs Apple qui ont perdu toutes les données de leur iPhone par le passé à cause de cette fonction d'auto-effacement doivent être entre de scander "FBI !! Avec nous !!".
    Mais bon, sur le fond, l'attitude d'Apple paraît correcte en façade.
    Par contre je me pose la question de toutes les données qu'ils accumulent sur les utilisateurs et de comment elles sont "protégées", elles. Et de qui elles sont protégées, à part les utilisateurs eux-mêmes :D
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