Lettre de Steve Jobs : la réponse ne s'est pas faite attendre

image sur les DRMQuand le représentant de la firme produisant les systèmes informatiques grand-public les plus fermés du monde a publié une lettre désavouant les DRM, le Web s’est fait l’écho de quelques toussotements. Il faut dire qu’iTunes et son site de vente de musique en ligne, avec le DRM FairPlay, est l’emblème du format propriétaire non interopérable. Tout comme l’est Mac OS X et ses utilitaires connus pour utiliser des formats particulièrement obscurs. Dès lors, rien d’étonnant à ce que la performance épistolaire de Steve Jobs ai appelé des camouflets vifs des quatre coins du monde.

Apple retourne sa veste...

Pour le Conseil norvégien de la consommation, cette déclaration est un moyen facile de se dédouaner de sa responsabilité tout en s’attirant la sympathie : « Il est assez clair que les maisons de disques portent leur part de responsabilité de la situation dans laquelle les consommateurs sont enfermés [mais] iTunes reste encore la société qui vend la musique aux consommateurs ». Il est vrai que la lettre arrive à l’heure où les DRM sont les plus critiqués, il n’en faut pas plus pour être soupçonné d’opportunisme sur la toile. D’un autre côté si Apple n’avait pas ouvert le marché des téléchargements légaux, ce n’est pas la frilosité des majors qui aurait permis ce nouvel essors de la musique ne ligne.

... et il est bien accompagné

Parfois certaines expressions populaires prennent tout leur sens. "C’est l’hôpital qui se moque de la charité", par exemple, vient rapidement en bouche quand on prend connaissance d’autres réponses à la missive ouverte du vendeur de pommes. La RIAA explique ainsi que « De nombreux services veulent la licence des DRM d’Apple. Cela serait la clé de l’interopérabilité que nous souhaitons depuis longtemps » et que ce « serait une victoire pour les fans, artistes et maisons de disques. » Chez Real Networks non plus on a pas peur de la contradiction. Bien que l’on propose un format de streaming lisible vraiment difficilement sans le (très avide d’informations privées) lecteur Real Media, on annonce sans complexe : « Nous disons depuis longtemps que des formats ouverts sont nécessaires ».

Pendant ce temps en France

Dans l’hexagone c’est aussi l’ébullition. Jérôme Roger, directeur général de la SPPF estime que « La position de Steve Jobs, même si elle n’est pas dénuée d’arrières pensées, va dans le bon sens [car] il y a un vrai doute sur l’efficacité des DRM ». Hervé Rony, directeur général du SNEP prend le contre-pied : « c’est essentiellement une opération de communication [...] pour ne pas avoir à assumer sa part de responsabilité dans l’interopérabilité. [...] Nous ne le suivons pas sur cette position. » Julien Dourgnon, directeur des études de l’UFC-Que Choisir renvoie lui en haut lieu : « Après cette prise de position d’Apple, c’est le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, qui doit intervenir en France. » Et justement ce dernier, semblant oublier qu’il a entériné la DADVSI, a tenu à clamer sa réjouissance de voir « qu’Apple, via son président Steve Jobs, [prend] en compte les préoccupations du grand public, des créateurs et du gouvernement qui demandent que l’interopérabilité soit un droit pour tous »".

Les débats sur les droits d’auteurs génèrent tellement de perles que l’on pourrait en faire un chapelet. Mais peut-on vraiment se plaindre pour une fois que cela va dans le sens du consommateur ?

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5 commentaires
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  • miles teg
    Les pirates vont bientôt dire que pirater c'est mal, v'voyez, et que ca tue la création artistique...
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  • eexit
    Quel remu-ménage.
    Ce sera plus clair quand tout se sera stabilisé :)
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  • Nordlaser
    Effectivement, on voit des commentaires (réponses) très intéressantes, pour, contre, mitigé, incohérente pour ceux qui n'ont pas lu la lettre, ou la mauvaise :D
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