WikiLeaks : Bradley Manning risque jusqu'à 136 ans de prison

A l’issue d’un procès qui a duré plusieurs mois, Bradley Manning, l’ancien militaire lanceur d’alerte qui avait fourni à Wikileaks divers documents concernant les agissements de l’armée américaine dont la vidéo « collateral murder » (meurtre collatéral), encourt jusqu’à 136 ans de prison mais échappe à la perpétuité sans remise de peine.

Arrêté le 27 mai 2010, Bradley Manning était depuis retenu en prison et inculpé notamment pour collusion avec l’ennemi, espionnage, divulgation de documents classifiés ou intrusion dans le système informatique de l’armée américaine. L’ancien soldat de 25 ans avait plaidé coupable pour 12 d’entre elles, il a finalement été reconnu coupable de 20 charges sur 22 par le tribunal militaire de Fort Meade dans le Maryland.

Aux États-Unis, contrairement à la France, les peines encourues dans le cadre d’une même affaire s’additionnent. Ainsi, pour avoir informé WikiLeaks, Bradley Manning risque un total de 136 ans de prison, durée qui peut être réduite en fonction des circonstances. La peine ne sera toutefois prononcée que dans quelques jours, à l’issue de nouvelles délibérations. Malgré la lourde peine encourue, l’ancien soldat a été acquitté de l’accusation de collusion avec l’ennemi, charge qui lui aurait fait risquer la prison à perpétuité sans remise de peine possible.

Julian Assange, porte-parole et fondateur de WikiLeaks a réagi au verdict : « C’est la toute première condamnation pour espionnage contre un lanceur d’alerte. C’est une jurisprudence dangereuse et un exemple d’extrémisme de la sécurité nationale ». « L’administration Obama a ébranlé les libertés démocratiques aux États-Unis. Avec le verdict d’aujourd’hui, Obama a sacrifié bien plus », affirme Julian Assange. « L’administration a la volonté de dissuader et de bâillonner les lanceurs d’alerte, d’affaiblir la liberté de la presse », conclue le porte-parole de WikiLeaks.

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