Le Cinquième Pouvoir : la Geek Critique

Le pitch : en décembre 2006, Julian Assange (Benedict Cumberbatch) lance WikiLeaks, avec pour but de dévoiler des informations que les différents gouvernements dans le monde souhaitent garder secrètes. Il est aidé pour cela de son ami Daniel Berg (Daniel Brühl), avec qui il va parvenir à publier de plus en plus d’informations avec un principe simple : préserver l’anonymat des sources. Mais avec le temps et la montée en popularité du site, les deux amis vont laisser leurs divergences d’opinions éclater, alors qu’Assange devient activement recherché par le gouvernement américain.

5 raisons d’aller voir (ou pas) le cinquième pouvoir

Non - Parce que c’est long

Le Cinquième Pouvoir couvre une période d’environ 4 ans, et dure plus de 2 heures. Ce ne serait pas un problème si le film était bien rythmé, mais non, on s’ennuie bien trop souvent. Alors même que l’histoire assez rocambolesque de WikiLeaks et de Julian Assange semblent suffisamment intéressantes pour en faire un bon film à rebondissements, son adaptation souffre de longueurs fatigantes et qui nuisent d’autant plus au film qu’on doit supporter ce problème de rythme pendant 120 longues minutes. Pour le coup, la très bonne performance de Benedict Cumberbatch en Julian Assange n’y changera rien.

Non - Parce que les termes techniques sont balancés au hasard

Le film présente Julian Assange et Daniel Domscheil-Berg comme deux cracks en informatique, et ne lésine donc pas sur les termes techniques pour impressionner le public. Problème : comme c’est trop souvent le cas dans ce genre de situation, ces termes arrivent comme un cheveu sur la soupe et n’ont souvent aucun intérêt, voire aucun sens. Comme si le réalisateur voulait absolument nous dire : « vous avez vu ? Je connais FFMpeg ».

Non - Parce qu’on ne va jamais au fond des choses

On découvre à travers le film les principaux faits d’armes de WikiLeaks, des comptes offshores de la banque Julius Bär en 2008 à l’affaire Manning plus récemment, en passant par les documents de guerre concernant la présence américaine en Afghanistan et en Irak. Malheureusement, aucune de ces affaires n’est véritablement traitée dans le film, à peine sont-elles vaguement mises en scène. La seule histoire qui nous est vraiment racontée concerne la relation entre Assange et Berg, qui tient de la domination. C’est d’ailleurs le seul sujet dans lequel le film s’engage un minimum (et encore), présentant Assange comme un « personnage pas très gentil », à défaut d’un véritable méchant, de manière presque trop manichéenne et simpliste.

Non - Parce qu’on peut douter de son authenticité

Le film de Bill Condon présente Julian Assange comme un individu mégalomane, mythomane et égocentrique, avec un brin de paranoïa et de folie des grandeurs. Le long métrage est basé sur le livre « Inside WikiLeaks », écrit par Daniel Domscheit-Berg, et dans lequel il raconte l’histoire du site de son point de vue et sa brouille avec Assange. Le point de vue du livre est forcément orienté, c’est assumé de la part de l’auteur et ce ne serait pas un problème dans une fiction, mais il est étonnant de voir un film à vocation biographique en faire sa principale source d’inspiration, ce qui n’a d’ailleurs pas été du goût d’Assange lui-même. On constatera que comme par hasard, le personnage de Daniel Berg est présenté comme une innocente colombe simplement victime de la folie d’Assange. Une vision peut-être un peu simpliste des faits ?

Non - PArce qu'on ressort en se demandant : WikiLeaks, au fait, c’est quoi ?

Nous l’avons vu, Le Cinquième Pouvoir dispose finalement d’un peu plus de défauts que de qualité, mais il est un détail qui prime sur tous les autres pour expliquer que ce film tient plus du ratage que du chef-d’œuvre. On peut aisément supposer que, pour un film se basant sur Julian Assange et son œuvre, le spectateur extérieur au sujet va apprendre de manière claire ce qu’est WikiLeaks et son fonctionnement, ses rouages et sa raison d’être. Et dans ce domaine, la plupart des non-initiés risquent fort de rester sur leur faim : on comprend bien que WikiLeaks diffuse de l’information brute et sans censure (c’est même un peu trop répété tout au long du film), mais pour ce qui est de son fonctionnement, on ressortirait presque de la salle avec plus de questions qu’avant d’y entrer. Une erreur assez contrariante pour un film qui promettait de nous dévoiler l’histoire de WikiLeaks.

Bilan : Le Cinquième Pouvoir nous a fait une promesse qu’il n’a pas vraiment tenue : nous mettre en scène l’histoire de WikiLeaks et de Julian Assange. À la place, il nous sert un drame trop long et mal rythmé sur la relation que ce dernier a entretenue avec son ancien collaborateur Daniel Berg, et passe complètement à côté de l’aspect WikiLeaks, pourtant censé représenter le fameux « cinquième pouvoir » dont le titre du film est tiré.

Note : 2/5

Le Cinquième Pouvoir - Trailer

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