Commotion : un Internet sans fil hors d'Internet

Un réseau décentraliséUn réseau décentralisé

Un réseau Internet sans fil, en dehors de tout contrôle du réseau actuel : c’est ce à quoi travaille les concepteurs de Commotion. Un projet qui ouvre de nombreuses possibilités.

Commotion est un logiciel permettant la création de réseaux sans fil haut débit entièrement autonomes. Ils fonctionnent par Wi-Fi et n’ont besoin d’aucune infrastructure déjà existante : ni câble, antenne relais ou satellite. Entièrement décentralisés, ils seront mobiles et leur trafic chiffré et anonyme, évitant ainsi toute surveillance.

Concrètement, le logiciel transforme un routeur Wi-Fi, un PC ou un smartphone en relais intelligent capable de connaitre en temps réel la nature du réseau environnant pour transmettre les données vers un autre relais, au plus près du but visé par l’expéditeur. Si besoin Commotion peut aussi se relier à Internet : il suffit qu’un seul des appareils possède une connexion pour que tous les autres en profitent. « Le seul outil indispensable à apporter sur le terrain est une clé USB contenant les logiciels qui doivent être installés sur chacun des appareils appelés à faire partie du réseau », résume Josh King, responsable technique de Commotion, à nos confrères du Monde. 

Les opérateurs télécoms sur la touche ?

Dirigé par Sascha Meinrath, le projet est hébergé et financé par la très sérieuse Open Technology Initiative (OTI), branche dédiée aux nouvelles technologies de la New American Foundation, un organisme présidé par Eric Schmidt, l’un des patrons de Google ; et dédié à l’étude des grandes problématiques de la société américaine. Son budget de 2,3 millions de dollars a été renforcé par une subvention de 2 millions du département d’État.

Un « sponsoring » stratégique pour le gouvernement américain qui compte bien utiliser le système pour faire face à des situations d’urgence : disposer d’un moyen de communication fiable dans des zones dévastées par une guerre ou une catastrophe naturelle. Mais les gouvernements ne sont pas les seuls intéressés puisque le projet a également été contacté par des militants du Printemps arabe vivant en Égypte, Syrie, Libye, Bahreïn ou Yémen. Commotion n’a pas voulu leur fournir leur technologie, la jugeant encore trop peu sécurisée et donc facilement repérable par les régimes répressifs.

Dans un cadre bien plus quotidien, Commotion permettrait aussi de se passer totalement des opérateurs télécoms en créant tout simplement un réseau parallèle sur lequel circulerait des informations entièrement confidentielles. On imagine la levée de boucliers des opérateurs et des ayants droit n’ayant plus la possibilité de savoir ce qui transite entre les utilisateurs. Une version utilisable pour le grand public est attendue fin 2012.