Une armée de volontaires sud-coréens en guerre contre la pornographie

Contrairement à la plupart des pays occidentaux, la Corée du Sud considère la pornographie comme illégale. Une particularité que le pays semble avoir bien du mal à faire respecter sur Internet, même si des groupes de volontaires veillent à garder le Net coréen vierge de toute pornographie.


« C’est comme déblayer la neige en plein blizzard », concède Moon Tae-Hwa, un conseiller familial qui tient à préciser sa chrétienté lors de sa rencontre avec Associated Press, et volontaire pour traquer les contenus pornographiques sur Internet. Avec 90 % de foyers connectés à Internet haut débit et 30 millions de smartphones dans le pays, les liens circulent très vite. Ainsi, s’il semble qu’en surface la pornographie ait disparu, les internautes bien informés s’échangent des plans pour de véritables marchés parallèles. Moon est membre des « Nuri Cops », un groupe de 800 volontaires chargés d’aider le gouvernement dans sa démarche de censure des contenus pornographiques.


Cette année, ce sont déjà plus de 6400 personnes qui ont été arrêtées pour avoir produit, vendu, ou diffusé des contenus pornographiques sur Internet. Ces mesures draconiennes, le gouvernement les impose officiellement pour lutter contre les crimes sexuels : « les contenus obscènes et autres éléments préjudiciables qui peuvent être vus facilement sur Internet sont considérés comme une cause de l’incitation aux crimes sexuels », a expliqué le président Lee Myung-bak récemment.


Ces mesures sont toutefois loin de faire l’unanimité dans le pays. Ma Kwang Soo, professeur en littérature à l’université Yonsei, de Séoul, parle de « règne de la terreur envers le sexe ». « Aucun pays dans le monde n’a jamais rapporté de baisse des crimes sexuels après avoir banni la pornographie ». C’est pourtant tout ce qu’a trouvé le gouvernement pour lutter contre l’augmentation inquiétante de ce genre de crime en Corée du Sud ces dernières années. 18 000 personnes y ont été arrêtées pour viol en 2010, soit 2,5 fois plus qu’en 2000. Dans le même temps, les crimes sexuels envers des mineurs sont passés de 180 cas en 2000 à près de 1000 en 2010.

Posez une question dans la catégorie News du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
    Votre commentaire