Facebook continuera à prendre ses utilisateurs pour des cobayes

En juin dernier, on apprenait que Facebook avait testé les flux d’actualités de certains utilisateurs, sans les prévenir, afin de comprendre les effets sur leur moral. Une expérience pour laquelle le réseau social avait demandé pardon. Ce jeudi, un responsable du réseau social est revenu en détail sur la problématique.

Ça fait bien longtemps que Facebook n’affiche plus les publications de tous vos amis dans votre flux d’actualité, comme le fait encore Twitter, par exemple. Les publications sont régies par un algorithme en fonction des amis avec lesquels vous interagissez le plus, des publications que vous avez aimées ou de ce que vous avez commenté. Un algorithme flou qui a permis à Facebook de manipuler ses utilisateurs par le passé.

En juin, le réseau social révélait en effet avoir mené une expérience sur certains de ses utilisateurs avec des chercheurs de San Francisco. Le but était de voir à quel point voir des publications heureuses ou tristes dans votre flux d’actualité pouvait affecter votre moral. Face aux vives réactions, l’un des chercheurs s’est dit « désolé de la façon dont l’article a décrit la recherche et de l’anxiété causée ». « Les bénéfices du papier en matière de recherche ne justifient sans doute pas toute cette anxiété », affirmait ainsi Adam D. I. Kramer.

Un mea culpa peu convaincant

Néanmoins, trois mois plus tard, Mike Schroepfer, directeur technique de Facebook, est revenu sur l’incident dans un billet publié sur le blog du réseau social. « Nous aurions dû réfléchir à d’autres manières, non expérimentales, pour réaliser cette étude. La recherche aurait été améliorée si elle avait été évaluée par un groupe de personnes plus large et plus expérimenté. Enfin, en publiant l’étude, nous n’avons pas communiqué clairement sur les raisons et la méthode de cette recherche », explique-t-il.

Toutefois, Facebook ne compte pas arrêter purement et simplement de réaliser des études scientifiques sur ses utilisateurs. La firme va tout de même se fixer plusieurs principes afin d’améliorer leur pertinence, et surtout leur réception auprès du grand public et d’éviter un autre retour de bâton de ses utilisateurs. Ces différents principes visent notamment à faire évaluer les études avant leur publication, à cibler plus clairement les utilisateurs faisant partie de l’étude et à publier un site Internet consacré aux recherches effectuées.

En revanche, le réseau social ne compte toujours pas prévenir ses utilisateurs lorsqu’ils seront étudiés par Facebook et des chercheurs. C’est pourtant là que le bât blesse et pour cette raison que la firme avait été vivement critiquée en juin dernier. Interrogé par le New York Times, Marc Rotenberg, président de l’Electronic Privacy Information Center, déplore l’absence de changement en la matière : « La recherche sur des sujets humains exige le consentement et l’évaluation indépendante. Il ne semble pas que Facebook aille dans ce sens-là ».

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