Reposez en paix Google Glass

Le projet de lunettes connectées de Google arrive à un tournant de son existence. La firme californienne a annoncé qu’à partir du 19 janvier prochain, la vente des Google Glass sera suspendue, mettant par la même occasion un terme au programme « explorateur ». L’équipe de développement justifie la fin du « programme d’explorateurs afin de pouvoir (se) concentrer sur ce qui viendra ensuite ».

Initié en avril 2012, le projet Glass est né dans le laboratoire Google X et a été porté par le cofondateur de Google Sergey Brin, qui ne manquait pas une occasion de les porter en public. Ces lunettes connectées à un smartphone permettent d’interagir avec son téléphone grâce à la combinaison d’un petit écran projeté et d’un système de dictée vocale. Il aura fallu attendre février 2013 pour qu’un premier prototype soit accessible, mais uniquement pour des développeurs prêts à dépenser 1 500 dollars et triés sur le volet par les équipes de Google qui souhaitent ainsi tester les réactions face à un produit totalement nouveau.

L’attrait de la nouveauté


Dans un premier temps, la curiosité du grand public est à la hauteur de l’engouement des développeurs, qui imaginent de nombreux nouveaux usages. Mais rapidement, le côté élitiste du produit et la présence d’un capteur photo, permettant de prendre des clichés ou d’enregistrer des vidéos de manière discrète, refroidissent ceux qui se trouvent de l’autre côté des lunettes.

Google a plusieurs fois tenté de relancer l’intérêt autour de son projet avec notamment l’important partenariat avec la société Luxottica spécialisée dans les lunettes, grâce à ses marques fortes que sont Ray-Ban ou Oakley. De nouvelles montures ont ensuite permis d’accueillir des verres correcteurs ou de protection contre le soleil, pour étendre encore un peu plus les porteurs potentiels.

Le chant du signe

Mais le chant du cygne aura finalement retenti lorsque la commercialisation des Google Glass a été ouverte au grand public en septembre 2014. Principal obstacle : le tarif exorbitant de 1 500 dollars reste inchangé, alors que le produit n'avait guère évolué en deux ans. Depuis, les nouvelles se font rares et même Sergey Brin, premier défenseur du projet, a arrêté de s’afficher en public avec son gadget sur le nez.

La fin de la commercialisation du dernier prototype en date des Google Glass marque-t-elle la fin du projet ? Google s’en défend, le projet quittant d’ailleurs le giron du labo Google X, comme preuve de sérieux. Quant à la possibilité d’un nouveau modèle, l’équipe répond : « Vous commencerez à voir de nouvelles versions de Glass quand elles seront prêtes ». Pour autant, difficile de voir un avenir, en tout cas grand public, pour un produit qui n’aura finalement pas su convaincre, bien qu’il ait réussi à se faire remarquer à quelques occasions, dans le milieu médical notamment.

Une concurrence opportune

Profitant de ces récents moments de flottement, la concurrence tente de prendre de l’avance en sortant rapidement ses solutions de lunettes connectées. C’est par exemple le cas d’Epson avec le Moverio BT-200, qui dispose non pas d’un, mais de deux écrans (un devant chaque verre), mais dont l’encombrement n’a rien à voir avec les Google Glass, sans compter qu’il est relié à un boitier par un imposant câble.

On peut également évoquer Sony avec les SmartEyeGlass, mais qui souffre du même souci d’esthétique qu’Epson. À défaut d’avoir réussi à s’imposer, rendons alors aux Google Glass ce qui leur appartient : avoir su être un produit suffisamment innovant et désirable, bien que peu de temps, dont l’intégration aurait été finalement bien mieux maitrisée que la plupart de ses concurrents actuels.

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