Gravity : la Geek Critique


Le pitch : Alors qu’ils sont en excursion dans l’espace, effectuant une mission de routine à l’extérieur d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock) et le commandant Matt Kowalsky (George Clooney) sont surpris par une pluie de débris. A des milliers de kilomètres de leur position, les Russes ont en effet décidé de détruire un de leurs propres satellites, causant une réaction en chaîne détruisant peu à peu tous les objets en orbite autour de la Terre. Les deux astronautes vont alors tout faire pour rejoindre la terre ferme.

5 raisons d’aller (ou pas) voir Gravity

A l’heure où la plupart des blockbusters de science-fiction choisissent de s’ancrer dans un univers fantastique, Alfonso Cuaron (Les Fils de l’Homme, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban) a décidé d’ancrer sa propre version du thriller spatial dans un univers réaliste. Avec un casting réduit, composé essentiellement de Sandra Bullock et George Clooney, et une idée simple, le réalisateur mexicain promet d’offrir à la fois grand spectacle et drame intimiste. Pari tenu ?

1 – Pour ses effets visuels bluffants

Cent millions de dollars, c’est ce qu’aurait coûté Gravity. Un budget qui, s’il n’a de toute évidence pas été utilisé pour le casting, a servi à rendre l’univers aussi réaliste que possible. Tourné sur fond vert à l’aide de nombreux effets numériques, Gravity est une performance technique à tous points de vue. Chose suffisamment rare pour être souligné, la 3D relief sert particulièrement bien le film, permettant à la fois de profiter de la profondeur de champ et d’avoir la véritable sensation de sentir les débris foncer sur soi à toute vitesse. L’immersion dans l’espace aux côtés de Sandra Bullock est alors totale. On retiendra également le choix de tourner entièrement en numérique afin de proposer des grands angles incroyables où les astronautes paraissent être des insectes face à l’immensité de la Terre et, a fortiori, de l’espace.

2 – Parce que l'espace y est silencieux

C’est bien connu depuis le slogan d’Alien, « dans l’espace, personne ne vous entendra crier ». La raison scientifique en est simple, l’espace, c’est le vide et, sans air, impossible pour les ondes sonores de se propager. Gravity préserve ce principe physique relativement simple, pourtant piétiné par de trop nombreux blockbusters à commencer par la saga Star Wars, pour en tirer un véritable avantage. En effet, les débris de satellites et les impacts restent parfaitement silencieux, seuls le souffle des acteurs et leurs cris permettent de réaliser l’ampleur du danger qui les menace. La bande sonore du film reprend en effet les communications qui peuvent passer dans les casques des astronautes via les ondes radio. On entend ainsi leurs dialogues, leurs discussions ou les contacts avec les débris, mais uniquement grâce au micro inclus dans leur combinaison. La bande-son du film vient faire le reste accentuant le jeu des acteurs et l’inquiétude du spectateur.

3 – Pour son huis clos vertigineux

Gravity n’est pas un huis clos à proprement parler. Et pourtant, le film d’Alfonso Cuaron réussit à provoquer chez le spectateur à la fois vertige et claustrophobie. Une sensation qui s’explique à la fois par l’immensité de l’espace et le fait que les personnages ne sont absolument pas libres de la direction dans laquelle ils souhaitent aller, mais également par la combinaison d’astronaute étouffante et paralysante. Dès qu’elle en a l’occasion, le personnage de Sandra Bullock va d’ailleurs s’en séparer pour pouvoir reprendre son souffle et devenir à nouveau libre de ses mouvements avant de repartir à l’aventure et se sauver. À plusieurs reprises, afin d’accentuer cet effet claustrophobe, Alfonso Cuaron vient d’ailleurs placer sa caméra directement dans le casque de Sandra Bullock rendant alors le vertige et l’immersion du spectateur plus intenses que jamais.

4 – Pour son rythme effréné

Quand on parle de film se situant dans le vide stellaire, difficile de ne pas penser à 2001 L’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Gravity n’est d’ailleurs pas sans rappeler le film du réalisateur américain. Pourtant, si certains ont pu reprocher à 2001 d’être un film trop contemplatif au détriment de l’action et de l’intrigue, ce n’est pas le cas de Gravity. Le film contient évidemment quelques métaphores visuelles qui sauront se faire apprécier des plus cinéphiles, mais reste un film grand public. S’il s’ouvre par un long plan-séquence de plusieurs minutes, ce ne sont pas des minutes utilisées pour observer des planètes ou le vide de l’espace, mais un temps utilisé pour présenter rapidement le contexte avant de déclencher l’action assez rapidement. Dès lors le film ne s’arrête plus et Sandra Bullock et George Clooney sont baladés de navettes en stations spatiales. Une moindre impulsion de jet pack ou une inspiration de trop deviennent alors de véritables enjeux dramatiques aux yeux du spectateur qui pourraient causer la perte des personnages.

5 – Pour ses plans de l’espace époustouflants

Rarement on n’aura vu l’espace aussi bien filmé que dans Gravity. Il faut dire qu’Alfonso Cuaron n’en est pas à son coup d’essai en matière de réalisation et que, dès Les Fils de l’Homme, le cinéaste a su se forger une solide réputation. Cette réputation est amplement confirmée dans Gravity. Alfonso Cuaron enchaîne les gros plans et les plans larges avec brio, les longs plans-séquences au cours des pluies de débris également. Mais ce qui ressortira de Gravity ce sont ces scènes où la Terre, au-dessus des personnages, apparaît comme un ciel sublime, avec des villes illuminées et des aurores boréales. De l’autre côté, le vide. Quelques étoiles, certes, mais c’est surtout l’espace, noir et infini, saisissant, qui permet de comprendre que les personnages n’ont pas le choix : s’ils n’arrivent pas à retrouver la vie de la Terre, ils ne pourront que se perdre dans la mort de l’espace. Ces plans gigantesques où la Terre intervient comme un personnage à part entière, rappelant les enjeux du film, c’est finalement la meilleure raison de découvrir Gravity au cinéma.

Le verdict : Gravity est sans doute le meilleur film de l’année. A la fois angoissant et touchant par moment, il est surtout réalisé d’une main de maître. Une combinaison que peu de cinéastes ont su accomplir, touchant à la fois un public cinéphile avide de belles images et le grand public qui appréciera sans l’ombre d’un doute le film pour ses scènes d’action. Gravity fait partie des films qu’il faut avoir vus.

Note : 5/5

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2 commentaires
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  • KyrO_82
    Impressionnant et passionnant de la 3ème à la dernière minute, un excellent film.

    Mais énorme point noir: quelle est donc cette mystérieuse force qui attire notre héro loin de la station spatiale, malgré le fait que celui-ci soit accroché à sa collègue? Un fait scientifiquement absurde, il est vraiment dommage de faire mourir un "héro" de cette façon. Pourtant pour le reste du film, les lois de la physique sont la plupart du temps fidèlement suivie, mais pas pour ce moment clé du film, c'est carrément honteux.
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  • TibalRL
    En fait il y a pas mal d'autres imprécisions et éléments peu réalistes (casque à visière opaque, débris normalement détectés longtemps à l'avance, ce qui permet de les éviter, les cheveux flottent aussi dans l'espace...). Mais bon, on oublie ces détails, ou on ne les remarque pas.
    Personnellement, je ne me suis pas ennuyé, même si la deuxième partie du film est moins bonne que la première. L'utilisation de la 3D, pour une fois, est justifiée. Et la technique est époustouflante, même quand on sait que ça a été réalisé dans une boîte, avec un fond vert. Cuaron a du faire preuve de beaucoup d'inventivité pour donner cette sensation d'apesanteur qui prend le spectateur. Du coup, il a passé moins de temps sur le scénario et les dialogues, qui sont, par contraste, bien pauvres. Cela m'a plus déçu que les quelques incohérences du film.
    Mais un voyage dans l'espace pour le prix d'une place, ça ne se refuse pas !

    Sur un thème proche, j'ai écrit une courte nouvelle : Radioactivité sans gravité. 2027. Une guerre nucléaire se prépare sur Terre. Dans la Station Spatiale Internationale, les six scientifiques ne sont pas pris pour cible, mais ils font leur possible pour sauver leur planète, menacée par l'indicible...
    Infos, trailer et téléchargement gratuit sur http://www.rebelle-lion.fr/radioactivite-sans-gravite-nouvelle-ebook/
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