Hadopi : reprise des débats sous tension

La manifestation anti-Hadopi du 12 mars dernierLa manifestation anti-Hadopi du 12 mars dernier

C’est aujourd’hui que la loi Création et Internet se retrouve sur le devant de la scène. Les débats reprennent en effet à l’Assemblée nationale. Mais depuis quinze jours l’opposition a trouvé un second souffle et la majorité n’est plus aussi enthousiaste quant à la riposte graduée. Le tout sur fond de déclarations et opération de communication tous azimuts.

« Nous sommes d’abord les voleurs »

Faute à un calendrier législatif bousculé par la nouvelle organisation des débats à l’Assemblée nationale, la loi Création et Internet s’est trouvée de nouveaux opposants, dans la majorité même. En effet, une partie de l’UMP et du Nouveau Centre est désormais contre la riposte graduée et surtout la suspension de la connexion Internet. Les FAI applaudissent des deux mains et font tout pour pousser l’idée en coulisse. Ceux qui devront dépenser plusieurs millions d’euros par an en mesures de filtrage n’ont en effet aucun intérêt à voir leurs abonnés privés d’accès à Internet. Lionel Tardy, député UMP, enfonce le clou : « C’est une double catastrophe politique : on va se mettre à dos un pan entier de la population alors que le texte n’aura aucun effet. »

Du côté de l’opposition, le PS est toujours farouchement opposé à la loi défendue par Christine Albanel. Pour le parti, c’est tout le système de rémunération des artistes et des producteurs qu’il faut remettre en cause. Une idée certainement partagée par le chanteur Cali qui n’y est pas allé de main morte dans ce week-end dans l’émission de Franz-Olivier Giesbert sur France 5. Pour l’artiste, qui défend pourtant la loi, « le disque est trop cher quoiqu’il arrive, il faut baisser la TVA, il faut réguler les prix (...) On ne peut pas traiter de voleur un jeune qui télécharge alors que nous sommes d’abord les voleurs. » (voir la vidéo ci-dessous à 2 min 40).

Christine Albanel continue de communiquer

Christine Albanel contestéeChristine Albanel contestéeMême Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État à l’économie numérique, n’est pas entièrement convaincue. Selon elle, dans une interview donnée au JDD, la loi « n’épuise pas la question des modèles économiques. Il faut trouver des modèles qui permettent à la création de se financer. Tout le monde cherche cela, au niveau mondial. »

Christine Albanel ne compte en tout cas reculer et organise ce matin même au théâtre de l’Odéon une conférence de presse, normalement entourée d’artistes qui sont de plus en plus réticents à s’afficher avec elle. Ceux qui s’y sont risqués ont surtout vu leur image très sérieusement écornée sur le Net à l’image de Thomas Dutronc qui avait qualifié le téléchargement de « génocide sur tous les métiers de la culture. » Le vote définitif de la loi Création et Internet aura lieu le 9 avril prochain.


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6 commentaires
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  • Will-Lee
    "80% de baisse" (dans la vidéo) hahaha l'innocente. Tout ce qui va se passer c'est que le net va se crypter, les gens vont se tourner vers de nouvelles manières de surfer incognito ...
    La création est en danger? mon oeil, il suffit d'aller sur youtube pour voire que les gens créer perpétuellement. La musique ne fait pas exception.
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  • Sundevil
    Albanel ou comment dire n'importe quoi n'importe quand. C'est elle qui considère que couper la connexion internet n'est pas une double peine (pécuniaire et privation de liberté). C'est elle qui nous sort que couper la connexion internet ne coute que 7€/mois (c'est qui sont FAI ?).

    Rien que de voir sa photo, j'ai envi de la taper ^^
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  • Dr_cube
    Vous avez oublié de dire que le Parlement Européen a voté la semaine dernière CONTRE la riposte graduée, à 481 voix contre 25 !
    Les raisons évoquées sont entre autres :
    Citation:
    "L'e-illettrisme sera l'illettrisme du XXIe siècle."
    "L'accès à Internet, comme l'accès à l'éducation, ne devrait jamais être bloqué par des gouvernements ou des compagnies privées."

    Christine Albanel peut ravaler son chapeau et ses belles paroles sur le fait qu'Internet ne peut en aucun cas être considéré comme un droit fondamental.
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