Her : la Geek Critique

Le pitch : Dans un Los Angeles pas si lointain, un nouveau système d’exploitation inaugure une forme d’intelligence artificielle très perfectionnée. Theodore Twombly, un auteur de lettre d’amour prolifique hanté par une rupture, s’essaye au logiciel. Il y rencontre Samantha, une voix féminine aussi drôle qu’intelligente, qui apprend et évolue au gré de leurs discussions. Une véritable complicité se crée entre l’homme et l’ordinateur, jusqu’à ce qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre.

5 raisons d’aller voir (ou pas) Her

Spike Jonze n’est pas un réalisateur comme les autres. Sa filmographie offre des univers pour le moins éclectique, de « Dans la peau de John Malkovich » à « Max et les Maximonstres ». Her est son quatrième long métrage et sa première fois en solitaire sur un scénario, qui lui a d’ailleurs valu l’Oscar du meilleur scénario original. Il y explore la complexité des intelligences artificielles mêlées à celle du sentiment amoureux, sur fond de futur proche. Alors, est-ce que l’on y croit vraiment ?

1 - Parce que ce futur semble terriblement proche

Le Los Angles de Her est très semblable à notre réalité, peut-être juste plus mature vis-à-vis des nouvelles technologies. Tout le monde dans la rue se promène avec une oreillette sans fil, associé à des commandes vocales dignes d’un Siri. Rechercher des informations sur quelqu’un avant un rendez-vous amoureux ne rend pas l’autre méfiant, cela témoigne plutôt d’une touchante attention. Être en couple avec son ordinateur n’a donc rien de surprenant, l’affection qui peut exister n’est pas jugée, au contraire même. Au point, presque, de nous convaincre qu’il n’y a peut-être rien de fou là dedans. Visuellement, Spike Jonze perçoit cet avenir dans la continuité de la mouvance actuelle, qui a tendance à revenir à la mode « vintage ». Pantalon taille haute et moustache en sont des marques qui nous font dire que finalement, ce futur très inspiré du passé pourrait bien être le notre.

2 - Parce que la complexité de l’intelligence artificielle est bien décrite

Samantha est la synthèse vocale d’un système d’exploitation flambant neuf. D’abord déterminée à partir des préférences de son utilisateur (voix masculine ou féminine, etc.), cette intelligence artificielle va ensuite interagir de la même manière que le ferait une personne normale. Aussi à l’aise pour trier des mails que pour tenir une conversation, son évolution dépend directement de celui qui communique avec elle, puisqu’elle apprend de lui en permanence. Au fil des discussions s’enchaînent découverte des sentiments, envies, peurs et conscience de soi. Le film de Spike Jonze parvient à mettre en scène la complexité des « IA » qui comprennent et, fatalement, surpassent l’humain après avoir été programmé par lui, dénué ses contraintes charnelles et intellectuelles. Une approche différente sur la forme, mais similaire sur le fond à Stanley Kubrick dans « 2001 L’odyssée de l’espace », où l’ordinateur Hal 9000 est totalement conscient de son statut d’intelligence artificielle.

3 - Parce que l’amour n’est pas caricaturé

Au-delà des nouvelles technologies omniprésentes, l’un des thèmes centraux de Her est bien évidemment l’amour. Theodore, un homme solitaire rongé par sa rupture et incapable d’avancer, retrouve une forme d’exaltation dans un être qui se découvre et qu’il découvre. Malgré une fascination commune pour leurs différences, ce qui s’oppose à cette passion à moitié virtuelle, ce n’est en rien l’immatérialité de l’un face au corps de l’autre. Ce sont des choses propres aux relations amoureuses : la jalousie, l’incompréhension et le changement. Et pour une fois, on ne baigne pas dans les clichés.

4 - Parce que le film est vivant

L’entourage « vivant » de Theodore est réduit au strict minimum, à une seule amie confidente et un collègue de bureau. Pourtant, Spike Jonze parvient à canaliser l’attention tout au long du film. Le personnage principal incarné avec brio par Joackin Phoenix retrouve goût à la vie en tissant des liens avec cette nouvelle venue. Lentement, il passe de la lourde nostalgie à l’émerveillement, dans une fragilité et une sensibilité touchante. L’ambiance intime du film est d’ailleurs soulignée par une musique particulièrement réussie, que le réalisateur a confiée au groupe de rock canadien Arcade Fire.

5 - Parce que Scarlett Johansson

Initialement, la voix était donnée par Samantha Morton. Mais après avoir enregistré l’intégralité des scènes, la relation entre les deux acteurs n’a pas convaincu le réalisateur, qui a dû trouver une remplaçante. C’est alors que Scarlett Johansson est appelée en renfort. Sa voix est expressive, elle provoque curiosité et compassion, au point que l’on imagine difficilement le film sans elle. D’une seule voix naît un être que l’on sait être une intelligence artificielle, mais que l’on aimerait, presque autant que Theodore, être réelle. Elle évolue à mesure que sa personnalité se définit avec un charisme grandissant, qui gagne en confiance au fil de son apprentissage. Et pourtant, on ne la voit pas une seule seconde.

Le verdict : cohérent dans sa vision du futur, juste dans son approche de l’intelligence artificielle et touchant dans l’universalité du sentiment amoureux, Her est une réussite autant visuelle qu’intellectuelle. C’est clairement l’un des meilleurs films depuis le début de cette année.


Note : 5/5

HER

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1 commentaire
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  • Nulys
    "Parce que Scarlett Johansson"mmmm pas mieux comme argument! Pas besoin des quatre autres avec ça!
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