Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'identité numérique

identite numerique questionUne fois n’est pas coutume nous vous proposons aujourd’hui la lecture d’un livre, sur l’une des grandes problématiques du moment : la question de l’identité numérique.

Écrit par l’avocat Olivier Iteanu, spécialiste en Droit des nouvelles technologies, L’identité numérique en question propose une analyse juridique de tout ce qui touche à la question de l’identité sur Internet.

L’avocat a bien voulu répondre à nos questions.

« Rien ni personne ne peut dire qu’elle contrôle son identité »

Pensez vous qu’à terme nous aurons tous une identité numérique, un “code” à l’image de notre numéro de sécurité sociale par exemple, qui nous protégera et nous simplifiera la vie ?
Mais nous avons déjà une identité numérique. [...] Que nous le voulions ou pas, l’identité électronique existe. Mais cette identité électronique recherche sa cohérence. Par exemple, elle emprunte deux types d’identifiants. Des identifiants propres au monde des réseaux : le pseudo qui n’est plus tout à fait le pseudonyme de la plume littéraire, mon adresse électronique, ma signature au bas de mes courriels, le nom de domaine de mon blog etc. Dans le livre, nous étudions le statut juridique de ces identifiants. Et puis, l’identité numérique compte aussi sur les identifiants du monde réel, ceux de mon état civil. Mais si je choisis de communiquer, échanger, travailler, consommer avec ces identifiants, ils se trouvent éparpillés sur le réseau, happés par les moteurs de recherches, les producteurs de gigantesques bases de données. C’est dans ce cas précis, que des systèmes d’identité numérique globaux se construisent où des fournisseurs d’identité vont distribuer des “codes” comme vous dites pour permettre aux personnes de communiquer sur le réseau en état à coup sur identifier sans prêter le flan aux contrôles, traçages en tous genres. Microsoft, avec Passport en 2000, a caressé ce projet mais a échoué. On parle aujourd’hui de systèmes d’identité du monde libre, par exemple avec openID (voir openid.org) qui sont des solutions qui se développent et qui doivent être regardées de prêt.

Quels sont les principes de base pour avoir la main sur son identité et ne pas voir son nom spolié ou dénaturé ?
L’individu va devoir demain matin devenir un véritable stratège pour répondre à cette question. Nous vivons une contradiction : d’un côté, comment puis je communiquer pour être vu sur le réseau, car être vu c’est exister d’une certaine manière exister, de l’autre, comment contrôler cette image et ce nom dans le contexte numérique ? En l’état, rien ni personne ne peut dire qu’elle contrôle son identité dans ce nouveau contexte. Encore une fois, l’identité doit être vue comme un système, c’est à dire un processus composé d’éléments qui interagissent entre eux. Dans le monde réel, ce système c’est l’état civil déclaré à la naissance de l’enfant – élément 1 – inscrit dans une base de données tenue par l’État, appelée le registre d’état civil – élément 2 – sur la base duquel sont délivrés de titres d’identité appartenant à l’État français comme la carte nationale d’identité – élément 3 – le tout donnant des droits et des devoirs comme le droit de vote pour les plus de 18 ans par exemple. Ce système est global et cohérent et il appartient à un fournisseur d’identité vu en France comme impartial, l’État. Ce système n’existe pas dans le monde des réseaux, c’est ce que nous décrivons dans le livre.

Et le droit à l’image ?
C’est peut être le plus malmené de tous les droits de la personnalité. La photo, la vidéo qu’on n’a pas voulu voir diffusée au public peut se retrouver en un rien de temps sur le réseau reroutée et diffusée en masse. La nageuse Laure Manoudou l’a appris à ses dépens. Sur le plan pratique, il n’y a pas grand chose à faire aujourd’hui. En droit français, pour se défendre, les personnes ainsi attaquées peuvent recourir à des notions comme le respect de la vie privée, le droit à l’oubli, le droit à l’image bien sur : il existe aux États-Unis défendu par certains Professeurs de droit comme Lawrence Lessig pour dire que ces techniques juridiques sont trop défensives. Ils souhaitent désormais un droit beaucoup plus offensif sur ces questions. Pour cela ils poussent à un droit à l’anonymat, un droit par défaut qui soit un véritable droit de l’homme. C’est cette idée qu’a d’une certaines manière défendue le Président de la Cnil lors de la remise à la presse du rapport Cnil 2007 il y a quelques jours : il propose le droit à la défense de nos données à caractère personnel soit intégré dans la constitution. ».

L’identité numérique défraye aujourd’hui la chronique et va forcément bouleverser nos vies dans les années à venir. Il convient donc d’y réfléchir dès à présent, c’est précisément le sens de ce livre.

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3 commentaires
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  • t5in9tao
    Belle publicité
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  • Haseo94
    Il est franchement très difficile, voir impossible de rester anonyme sur internet. A partir du moment ou on achète en ligne, on est enregistré dans une base de donnée. Pareil lorsqu'on s'inscrit sur un site comme Tom's Guide ou un forum quelconque. On laisse des informations un peu partout.
    Être abonné à internet, c'est déjà être fiché.
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  • Marquant_Benjamin
    l'identité numérique devra être bien géré et j'espère qu'elle n'altèrera pas nos libertés..... jveux pas qu'on dise du genre "en 2000 on avait pas se problème on faisait ce qu'on voulait"

    l'Open ID est pour moi le debut de l'identité numérique à moins que je me trompe (avec un compte utilisateur, on peut utiliser tous les sites gérant l'open ID)
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