Instagram s'excuse et se défend de vouloir vendre vos photos

Après l’annonce, lundi 17 novembre des nouvelles conditions d’utilisation d’Instagram, la société, rachetée par Facebook en avril dernier, a tenu à réagir au concert de protestations.

Dans un billet publié sur le blog d’Instagram intitulé « Thank you, and we’re listening » (merci, et on vous écoute), Kevin Systrom, cofondateur d’Instagram revient sur les nouvelles conditions d’utilisation. « Nous avons entendu fortement et clairement que de nombreux utilisateurs sont confus et énervés par ce qui signifient ces changements », affirme-t-il.

Néanmoins, Instagram considère que ces réactions sont la conséquence d’un malentendu : « Notre intention en mettant à jour les conditions était de nous permettre d’expérimenter avec de la publicité innovante qui soit appropriée sur Instagram. Au lieu de ça, beaucoup ont pensé que nous allions vendre vos photos à d’autres sans aucune compensation. Ce n’est pas vrai et c’est une erreur si les termes sont sources de confusion. Pour être clair : nous n’avons pas l’intention de vendre vos photos ». Concrètement, l’une des pistes explorées par Facebook pour développer le modèle économique d’Instagram serait donc similaire à Twitter, avec des publicités ciblant les intérêts des utilisateurs en fonction des personnes qu’ils suivent sur le réseau social. En d’autres termes, les données collectées par Instagram serviraient simplement à mieux cibler les utilisateurs dans le cadre des publicités « innovantes » qui seront proposées.

Un texte qui entrainerait de la « confusion »



Instagram répond également aux critiques selon lesquelles le service pourrait utiliser des photos prises par les utilisateurs dans le cadre de publicités. « Nous n’avons aucun projet de la sorte », réagit Kevin Systrom. Il considère également que les utilisateurs disposent toujours de la pleine propriété intellectuelle de leurs photos : « Instagram ne prétend à aucun droit de propriété sur leurs photos. Rien de tout ça n’a changé ».

Le cofondateur d’Instagram s’excuse à plusieurs reprises dans son billet, considérant que les termes des nouvelles conditions générales d’utilisation telles que publiées ne sont pas assez limpides. « Nous ferons plus pour répondre à vos questions, réparer nos erreurs et supprimer la confusion », écrit-il, ajoutant qu’Instagram va « modifier des parties spécifiques des conditions pour rendre plus clair ce qui arrivera à vos photos »« L’une des principale raisons pour laquelle ces documents ne prendront pas effet immédiatement, mais dans 30 jours, est que nous voulions être certains que vous ayez l’opportunité de soulever vos inquiétudes », conclut-il.


Des corrections qui ne sont pas suffisantes pour National Geographic. Le magazine a en effet publié une photo mardi sur Instagram expliquant les raisons pour lesquelles il pourrait quitter le réseau social : « @NatGeo suspend les nouveaux posts vers Instagram. Nous sommes très inquiets par la direction proposée par les nouvelles conditions d’utilisation et si elles restent telles quelles, nous pourrions fermer notre compte ». Pour Etienne Drouard, avocat interrogé par Zdnet.fr, « les annonces d’Instagram sur les photos ne changent rien ». Il considère en effet que « les utilisateurs ont permis dès le départ à Instagram d’exploiter leurs contenus », une permission logique puisque « pour financer des services du web 2.0, en proposant aux utilisateurs de livrer leurs contenus, ces services imposent quelque chose qui parait évident : les utilisateurs ne vont pas être revendeurs ou auteurs initiaux des contenus ».

Finalement, la principale erreur d’Instagram aura sans doute été de communiquer directement dans un billet de blog sur ces nouvelles conditions d’utilisation qui, de fait, ne peuvent qu’entraîner la confusion auprès du grand public, quand la plupart des sites dont les contenus sont générés par les utilisateurs les modifient en catimini.

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