Des jugements rendus par un robot ? L'expérience a été tentée

L’application de la justice, en France et dans beaucoup d’autres pays, repose sur l’interprétation et l’application des textes de loi par un juge, qui devra tenir compte des circonstances. Mais que se passerait-il si les décisions de justice étaient prises par une intelligence artificielle ? Une équipe de chercheurs des University College London et University of Sheffield, au Royaume-Uni, et de l’université de Pennsylvanie aux États-Unis, ont tenté l’expérience et ont découvert que leur robot se range souvent du côté du juge.

Les expériences de ces chercheurs ont été menées sur des affaires traitées devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. L’intelligence artificielle se voyait présenter les différents faits traités dans une affaire, et devait rendre un jugement. Selon les chercheurs, la décision de l’IA correspondait à celle du juge dans 79% des cas. « Nous avons formulé une classification des tâches binaire ou nous fournissions un contenu textuel extrait de l’affaire et la machine fournissait un jugement déterminant s’il y a eu ou non une violation d’un article de la Convention des Droits de l’Homme », expliquent les chercheurs Nikolaos Aletras, Dimitrios Trarapatsanis, Daniel Preotiuc-Pietro et Vasileios Lampos, qui ont publié leur étude ce lundi sans la revue Peer Journal of Computer Science.

L’intelligence artificielle a donc analysé 584 affaires, traitant principalement de violations de l’article 3 (qui interdit la torture), l’article 6 (le droit à un procès équitable) et l’article 8 (le respect de la vie privée) de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, ratifiée par 47 pays européens. La machine disposait en outre d’un algorithme lui permettant de rechercher des mots et expressions spécifiques dans les documents mis à sa disposition, et ainsi de « comprendre » les faits, le contexte ou les circonstances de l’affaire.

Les chercheurs expliquent néanmoins que le but de leur expérience n’est pas de remplacer la décision d’un juge, du moins pas pour l’instant. Cela leur permet néanmoins d’identifier les cas les plus classiques. « Cela peut aussi fournir un outil permettant de souligner les cas qui ont le plus de chances de relever d’une violation de la Convention Européenne des Droits de l’Homme », explique un chercheur.

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