Katsuni et Alloresto : après le buzz, la censure

Dans une décision prise le 16 janvier, le Jury de la déontologie publicitaire (JDP) a décidé de censurer l’un des clips de la campagne publicitaire du site Alloresto.fr, avec l’actrice pornographique Katsuni.

Le clip, qui avait beaucoup fait parler de lui pour son aspect parodique des films pornographiques, a été jugé dégradant pour la personne humaine. D’après le Jury de la déontologie publicitaire, il allait néanmoins à l’encontre de trois points de la Recommandation « Image de la personne humaine » de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. Saisi par une personne à titre individuel, le JDP a considéré que la publicité pouvait choquer le public « en propageant une image de la personne humaine portant atteinte à sa dignité et à la décence », réduirait la femme à « la fonction d’objet » et contiendrait une « présentation complaisante d’une situation de domination ou d’exploitation d’une personne par une autre ». Suite à cet avis, Alloresto.fr a supprimé le clip incriminé de Youtube et Dailymotion.

Avant son retrait, le clip de 51 secondes avait été vu autour de 10 millions de fois sur Youtube et Dailymotion. Il présentait Katsuni durant trois tournages de films X avec humour et expliquait que, le soir venu, elle n’avait pas le courage de se préparer à dîner et préférait commander sur le site de restauration à domicile. Le risque pris par la Jury de la déontologie publicitaire est celui bien connu de effet Streisand. En faisant interdire la publication du clip sur Internet, la décision risque de le faire connaître davantage encore qu’il ne l’était déjà. Sur Internet, rien n’est véritablement censurable et de nombreuses copies de cette publicité existent.

Le clip d'Alloresto, reposté par d'autres utilisateurs


Nous avons contacté Sébastien Forest, PDG d'alloresto.fr selon qui ce système de retrait des publicités « était surtout adapté pour la publicité à la télévision ou au cinéma, à l’époque où on pouvait contrôler les médias ». « Ce n’est pas adapté au media Internet », affirme-t-il. « Cette plaignante fait condamner un annonceur pour un message qui l’a choquée mais va lui offrir encore plus d’exposition », constate le PDG d’Alloresto.fr. « On n’est pas contre le fait que cette plaignante se plaigne à nouveau pour les autres clips », conclue-t-il avec humour. Concernant l’aspect évidemment parodique de la publicité et le fait qu’elle affiche un message, contrairement à beaucoup d’autres clips mettant en avant des femmes nues pour vendre des produits sans rapport, Sébastien Forest se veut pragmatique : « Le JDP reconnait que c’est du second degré et même presque que c’est drôle. Mais le fait est qu’ils ont une plainte d’une personne et qu’il doit appliquer les critères qui l’obligent à interdire cette publicité ».

Jeudi soir, Alloresto.fr, avec beaucoup d'humour, a mis en ligne une nouvelle version de la vidéo censurée.

La nouvelle version de la vidéo

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7 commentaires
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  • cwal
    Pas compris. C'est le 1er clip qui a été censuré ? A part un décolleté un peu pigeonnant je ne vois rien de porno.
    Au lieu de censurer ce qui n'existe pas ces gens feraient mieux d'interdire le JT et toutes les atrocités qu'on y trouve... Mal baisés.
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  • lm28
    pffffff, c'est pas les clips qu'il faut interdire, c'est les publicitées...........
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