La loi sur le renseignement largement contestée en France

La loi sur le renseignement, qui doit être présentée aujourd’hui au Parlement, est vivement contestée par plusieurs associations et organisations. Parmi elles, la Ligue des droits de l’Homme, la Fédération Internationale des ligues de droits de l’Homme, Reporters sans frontières, Amnesty International et Privacy International viennent de publier un communiqué dans lequel elles dénoncent les « pouvoirs sans précédent » que confère cette loi au gouvernement.

Proposée entre autres afin de lutter contre le terrorisme, la loi sur le renseignement prévoit notamment une surveillance des réseaux, y compris du trafic chez les opérateurs Internet et télécoms. Le principe est qu’une telle surveillance pourra être pratiquée sans autorisation judiciaire préalable, ce qui soulève justement des questions auprès des organisations de défense de la vie privée, qui s’inquiètent de la possibilité de « graves dérives ».

PRISM à la sauce française

Les organisations s’étant prononcées contre cette loi craignent notamment une intrusion dans la vie privée des usagers d’Internet et de téléphone portable en France, ainsi qu’une collecte massive de données personnelles. Sous certains aspects, la loi n’est donc pas sans rappeler PRISM, le système de surveillance de la NSA mis en place aux États-Unis et dénoncé par Edward Snowden, un de ses anciens agents. « Cette disposition cherche en réalité à doter les services de renseignement français de la capacité à intercepter et à écouter les conversations téléphoniques », estiment les organisations contre cette loi.

Autre point qui soulève l’inquiétude : la mise en place d’algorithmes censés être capables de détecter des agissements suspects. Ces algorithmes travailleraient « sur la base de traitements automatisés d’éléments anonymes », selon ce qu’indique le projet de loi. Ce dispositif soulève notamment des questions sur l’ampleur de la collecte et l’analyse des données, qui peut concerner n’importe quel internaute ou utilisateur de téléphone portable, et comme le précise la CNIL, dont l’anonymat ne peut être garanti au moment de la collecte et du traitement. En outre, cela implique une conservation de données à long terme, jusqu’à cinq ans pour les données de connexion.

Cette loi sur le renseignement ne manque donc pas de créer l’inquiétude chez les organismes de défense de la vie privée, qui expriment de « vives inquiétudes » à son sujet.

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  • ReXMaX
    Dormez bien braves gens... Petit à petit, tous les systèmes d'une dictature s'installent.
    Tous ces moyens existent déjà, sauf que jusqu'à présent, il faut passer par un juge. Pourquoi supprimer ce passage, qui, la plupart du temps n'est qu'une formalité mais laisse une trace ? Pour se soustraire à la justice ?
    En ce qui me concerne, j'ai la réponse.
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