Lucy : la geek critique

5 raisons d’aller voir (ou pas) Lucy de Luc Besson

Le pitch : Lucy est une étudiante américaine à Taipei qui à la suite d’un invraisemblable concours de circonstances va devenir la mule de la mafia locale, en charge de porter dans son abdomen, un kilo de la prochaine drogue qui fera fureur. Malheureusement à la suite d’un autre invraisemblable concours de circonstances (ce qui en fait deux en à peine 8 mn de film), le paquet va exploser dans le ventre de notre héroïne, causant des conséquences pour le moins inattendues. Au lieu de planer à des hauteurs jamais atteintes, ou tout simplement de mourir d’une overdose, Lucy va voir ses capacités mentales décupler. Mais que faire lorsqu’on parvient à « coloniser son cerveau » ? Réponse : se venger bien sûr !

1 - Oui - Parce que Scarlett Johansson

Luc Besson aime mettre ses actrices en valeur. « Lucy » n’échappe pas à la règle, magistralement porté par une Scarlett Johansson aussi percutante que charmante. Plus « badass » que jamais, Scarlett tabasse tout ce qui passe, n’ayant que peu d’égard pour la morale. Pourquoi discuter du prix du taxi lorsqu’il suffit de descendre le chauffeur ?

Au fur et à mesure que l’héroïne « colonise son cerveau », traduisez accroit ses capacités mentales, le spectateur tombe sous le charme d’une Lucy qui devient progressivement un super héros.

Quant à la scène de course-poursuite (que serait un film d’action sans une course-poursuite ?), Scarlett Johansson fait passer Samy Naceri pour un débutant, un « A » collé à son Taxi.

2 - Non - Parce que Luc Besson pense vous êtes débile

Il n’y a rien de plus agaçant que les messages bien appuyés d’un réalisateur pour ses spectateurs. Les films d’action s’en dispensent généralement. Mais pas « Lucy » qui y va  de ses gros sabots sur une bonne palanquée de scènes. Luc Besson a jugé bon d’entrecouper la scène initiale par des séquences de documentaires animaliers. Comme si le traquenard dans lequel tombait grossièrement la protagoniste devait être surligné par une scène d’un guépard chassant une antilope. Vous avez compris ? C’est un piège…

C'est vrai qu'être payé 1000$ pour livrer une mallette sécurisée dans un hôtel n’a absolument rien d’inquiétant. Ce procédé bien lourd revient à plusieurs reprises pour illustrer des notions rien de plus basiques et c’est franchement pénible.

3 - Oui - Parce que c’est une bonne blague d’1h30

Ce n’est peut être pas sa raison d’être, et c’est souvent involontaire, mais « Lucy » procure de bonnes tranches de rigolade. Vous y apprendrez par exemple que si vous êtes un jour kidnappé par la mafia taïwanaise, qui ne pige pas un mot d’anglais, il ne sert à rien d’essayer de leur parler en espagnol, ils ne le comprennent pas non plus.

Autre enseignement du film : lorsqu’on est asiatique, il suffit de mettre un costard pour devenir invisible aux yeux de la police. C’est comme ça, par exemple, qu’un groupe de 25 hommes armés de mitraillettes peut rentrer dans la faculté de médecine de Paris alors même qu’une énorme descente de police a lieu au même endroit.

Enfin, si vous devez vous faire opérer de l’appendicite, sachez qu’il y a mieux que de subir l’opération dans un état larvaire, semi comateux. Refusez l’anesthésie et profitez-en pour appeler votre maman. Rappelez-lui les souvenirs d’enfance et la douceur du chat domestique, c’est tellement plus utile.

4 - Oui - Parce que Lucy accélère l’Internet

La trame du film repose sur l’idée, assez répandue mais fausse, que l’homme n’utilise qu’une infime partie de son cerveau (10% selon notre expert du jour, le bien nommé Morgan Freeman). Partant de ce fait, il est évident qu’une augmentation sensible de nos capacités cérébrales doit ouvrir le champ de nos possibilités.

Dans le cas de « Lucy » c’est encore plus impressionnant puisque la protagoniste parvient même a accélérer son débit Internet affichant des dizaines de page à la seconde sur son écran. Prends en de la graine la fibre optique…

5 - Non - Parce que c’est un mauvais Nikita sous amphets

Il ne suffit pas d’avoir une bonne actrice et un début de scénario pour pondre le nouveau Nikita. Et ce n’est pas en lui faisant ingérer la plus puissante des drogues qu’on transforme son personnage en héros. Ce ne sont pas, non plus, les clins d’œil aux jeux vidéo et à la culture manga qui sauvent la dernière production des studios Europacorp. Les défauts de « Lucy » sont bien trop nombreux pour qu’il nous marque durablement.

Il reste donc Scarlett Johansson et une réalisation solide. Et pour quelques privilégiés, la possibilité de profiter du film en Dolby Atmos (12 salles équipées en France). C’est peu.

Retrouvez notre geek critique des Gardiens de la Galaxie

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10 commentaires
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  • VK Friedrich
    Bon, comme d'habitude, Besson s'est pris pour un scénariste alors qu'il a toujours été incapable de pondre quoi que ce soit d'à peu près valable sauf quand il s'appuyait sur une histoire préexistante (Le Grand Bleu, Jeanne d'Arc).
    Les scénarios de Besson, ça tient la plupart du temps sur un et un seul morceau de PQ et c'est tellement incohérent qu'avant d'être mis en image, le dit morceau de PQ est chiffonné et passé à la machine à laver.
    Même Nikita et Léon, bon, côté scénario et cohérence ça ne tient pas vraiment la route.
    Et je ne parle même pas du Cinquième Élément, qui n'est même pas du niveau d'un scénario de jeu de rôles SF écrit par un gamin de douze ans qui se prend pour le dieu des maîtres de jeu.
    Bon, après certes c'est un (assez) bon "faiseur d'images".
    Il devrait vraiment essayer d'arrêter de se prendre pour un scénariste et se cantonner à tourner de bons films à partir de scénarios créés par des personnes qui savent faire ce job.
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  • 3615buck
    Sinon, Banlieue 13 a un scénario beaucoup plus recherché. :-p
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  • 3615buck
    Non, parce que c'est faux qu'on n'utilise que 10% de nos capacités cérébrales...
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