Les voitures autonomes arrivent, mais comment va-t-on communiquer avec elles ?

La semaine dernière, le constructeur allemand Mercedes a organisé une conférence à Berlin portant sur l’avenir de la voiture autonome. Rappelons que ce nouveau type de voiture n’appartient plus au futur, mais bel et bien au présent. Google développe sa propre technologie depuis plusieurs années maintenant et la plupart des constructeurs automobiles travaillent sur des solutions maison. Les premiers prototypes parcourent déjà les routes de plusieurs pays pour mettre au point les modèles commerciaux, qui devraient progressivement arriver dès 2020.

Mais les six années qui nous en séparent ne seront pas dédiées qu’au développement des techniques d’automatisation. Elles vont aussi permettre de réfléchir à la manière dont ces machines, qui s’apparenteront plus à des robots indépendants qu’à des automobiles telles qu’on les connait actuellement, sauront s’intégrer à notre quotidien. Durant cette conférence, Mercedes a alors mis l'accent sur une réflexion autour des changements engendrés par ce prochain genre de véhicules et à la manière dont nous aurons à interagir avec eux. Le professeur Herbert Kohler, responsable de la recherche et du développement durable chez Mercedes, explique ainsi qu’il ne perçoit pas « l’arrivée des voitures autonomes sur la route seulement comme une prouesse technique ». En effet, « le trafic du futur va devenir de plus en plus interactif et je ne parle pas juste de la communication entre les véhicules. (…) Les aspects sociaux sont au moins aussi importants que les capteurs de la voiture. »

Alexander MankowskyAlexander MankowskyDu coup, l’idée est de mettre au point un système de communication cohérent et intelligible par tous, comme l’explique Alexander Mankowsky, futurologiste au groupe Daimler : « notre but est de développer un système coopératif dans lequel une ou plusieurs langues vont permettre l’interaction entre humain et machine (c’est-à-dire l’intelligence artificielle) dans les environnements urbains denses ».

L’une des réponses est apportée par la professeure Ellen Fricke, spécialiste en linguistique et gestuelle : « si l’on considère la gestuelle comme une option de communication efficace avec les voitures autonomes, il est évidement important de commencer par observer quels gestes humains réalisés tous les jours conviennent le mieux. » Ces gestes, certains ont déjà été envisagés : faire venir la voiture en ramenant sa main vers soi ou lui demander de s’arrêter lorsqu’on la baisse vers le sol.

Un atelier a été mis sur pied en collaboration avec le laboratoire de recherche autrichien Ars Electronica Futurelab, impliquant des drones afin d’explorer cette idée d’interaction à l’aide de gestes naturels. Trois quadricoptères se sont animés dans un espace restreint dans lequel ils ont été en mesure de reconnaitre les passants dans leurs trajectoires et ainsi s’arrêter, mais également de se rendre jusqu’à un point donné lorsqu’on le désigne du doigt. 

Il s’agit bien entendu d’un stade de recherche préliminaire, mais cela offre déjà plusieurs pistes pour imaginer les villes de demain où les conducteurs se verront désappropriés de leurs voitures qui deviendront alors totalement autonomes dans leurs déplacements et leurs prises de décision.

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