Nabaztag : le lapin connecté rendra l'âme le 18 février 2015

Nabaztag, le lapin connecté, tirera sa révérence le 18 février 2015 et rien ne pourra modifier ce destin tragique d’un des premiers objets connectés, a annoncé son actuel propriétaire, Aldebaran.

« C’est la fin des aventures de Karotz ». C’est par cette légende d’une image montrant des lapins allant en chantonnant vers un coucher de soleil qu’a été annoncée la mort programmée du Nabaztag, renommé Karotz par  Mindscape en 2009. Le 18 février prochain, Aldebaran fermera définitivement les serveurs qui alimentent tous les lapins connectés et leur permettent d’interagir avec leurs propriétaires. « Votre lapin sera toujours auprès de vous, mais sans activité », écrit insensiblement Aldebaran.

Open source : le second souffle ?

Très active, la communauté réclame un passage à l’open source afin d’insuffler un second souffle de vie aux Nabaztag et Karotz. Le constructeur français ne semble pas en désaccord avec cette idée, il indique même que « nous y réfléchissons et étudions surtout les actions à mettre en œuvre pour que cela fonctionne. » Cependant, « sans investissement de notre part, l'Open Source ne serait pas viable. »

À côté de cela, Bruno Maisonnier, patron d’Aldebaran explique que « Karotz et ses utilisateurs ont marqué l'histoire des objets connectés, ils en ont ouvert la voie. Nous sommes arrivés à la fin de cette belle histoire pour Karotz qui cède sa place à des produits plus adaptés à notre époque. » Une déclaration qui vient contredire la possibilité d’un projet Open Source évoqué précédemment.

Aldebaran prend donc la responsabilité d’achever le lièvre (traduction arménienne de Nabaztag) qui a connu plusieurs tanières depuis sa création en 2005.

Violet, Mindscape, Aldebaran, 10 ans et trois lapins

Il est alors lancé par Violet, une petite entreprise visionnaire qui croit fort aux objets connectés. Son premier Nabaztag bouge les oreilles en fonction de son humeur, s’illumine lorsqu’une activité Internet est détectée, comme le post d’un statut Facebook, et distille l’actualité générale, la météo ou les cotations boursières via sa synthèse vocale. Un véritable compagnon connecté.
 
Sa seconde version est lancée en 2006. Nommé Nabaztag:tag, il intègre un micro. Bien avant Siri ou Google Now, il est alors possible de demander à un appareil la météo, des nouvelles de ses réseaux sociaux ou encore de dicter un message à envoyer à un autre membre de la communauté Nabaztag. Nabaztag:tag, c’est aussi le RFID avec de petits lapins programmables à scanner (Nano:ztag) ou encore des livres compatibles (via les Ztamp:s) lisibles par le Nabaztag.

Après quelques déconvenues stratégiques, Violet est obligé de vendre Nabaztag. Ce sera Mindscape qui s’en emparera. L’éditeur de jeux vidéo lancera alors le Karotz, une nouvelle version aux fonctionnalités novatrices, mais trop éloignées des besoins des utilisateurs. Malgré sa caméra et sa batterie intégrée, il ne rencontrera pas le succès escompté. Quelques mois après sa sortie, il passe dans une troisième main : Aldebaran, l’entreprise à l’origine de Nao, le robot français. Mis au rebut par faute de temps à lui consacrer, ce dernier annonce aujourd’hui qu’il donnera lui-même le coup de grâce. "Nous ne produisons plus de Karotz et l'ensemble des stocks sont épuisés depuis presque 2 ans. L'activité des lapins diminuant fortement, moins de 10% sont en activités, nous avons décidé de ne plus maintenir les serveurs." Hommages à ce pionnier qui a montré la voie aux objets connectés modernes.

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