Thomas Middelhoff mise tout sur Napster

Malgré 880 millions d'euros de pertes, Thomas Middelhoff, le président de Bertelsmann, repreneur de Napster, refuse de reconnaître l'échec de sa stratégie Internet...



La stratégie Internet de Bertelsmann a échoué, et le président de Bertelsmann est sans doute l'un des derniers à ne pas vouloir le reconnaître au sein de son propre groupe. Son grand complice, Andreas Schmidt, le patron de feu BeCG (Bertelsmann eCommerce Group), a quant à lui quitté le navire.

Avec l'échec de BOL, la bataille de la vente en ligne contre Amazon est perdue. L'agence Web Pixelpark pourrait bien fermer ses portes à la fin de l'année. Le cauchemar du portail Lycos, gouffre financier, ne trouve pas quant à lui de fin.

Enfin, Napster, plate-forme d'échange de musique en ligne, et qui était promis à un bel avenir (« un second AOL », selon Bertelsmann), ressemble de plus de plus à une maison fantôme, et auquel plus personne ne croit - mis à part Thomas Middelhoff lui-même. Concernant la mise en service du site (payant), celle-ci vient d'être une nouvelle fois repoussée. Mais cette fois-ci, sine die...



Bertelsmann détient le record allemand des pertes sur Internet

Les managers de Gütersloh commentent l'absence de stratégie avec humour. Ils ont ainsi trouvé une nouvelle attribution au sigle B2B : « back to the book », ce qui se comprend par la volonté d'un retour aux activités traditionnelles de Bertelsmann, c'est-à-dire de club de livres.

Le problème, c'est que Thomas Middelhoff incarne parfaitement l'ère du multimédia au sein du groupe traditionnel de Gütersloh. « Il n'existe aucun patron allemand dont le nom ne soit aussi ancré à Internet », souligne l'hebdomadaire Wirtschaftswoche. Personne n'a investi autant et personne n'a perdu autant d'argent dans ce domaine. Au cours du dernier exercice (2000-2001), son groupe a perdu plus de 880 millions d'euros dans ses activités Internet...

Un trou financier que le patron de Bertelsmann ne pourra plus se permettre cette année. Vide compensé grâce aux importants revenus des cessions d'AOL Europe et de MediaWays. Une nouvelle perte de cette dimension pourrait mettre en péril l'ensemble du groupe.

« La politique du directoire de Bertelsmann a toujours été de couvrir les dépenses des activités Internet avec les revenus qu'elles génèrent », vient de rappeler le président dans une interview à l'hebdomadaire Die Welt.

Thomas Middelhoff doit donc trouver une porte de sortie honorable pour sauver la face. Seulement, il continue d'investir dans certains projets, alors qu'il vient de promettre - ce mois-ci - un retour à l'équilibre des activités Internet en 2003. Aussi a-t-il annoncé qu'il était prêt à débourser encore 35 millions d'euros pour prendre de contrôle définitif de Napster, après avoir payé déjà plus de 100 millions d'euros en septembre 2001...

Napster sera sans doute la dernière bataille de Thomas Middelhoff dans le Net-business. La plate-forme, qui attirait jusqu'à 60 millions d'utilisateurs dans sa version gratuite avant de fermer en juillet, pourra-t-elle rouvrir dans une version payante après avoir négocié des accords de licence avec les grandes maisons de disques ?

« Nous sommes convaincus que Napster s'intègre parfaitement dans notre stratégie et qu'il peut devenir la première plate-forme en matière d'échange de musique en ligne », souligne Thomas Middelhoff.

Une chose est sûre : le jour ou Napster s'écroulera définitivement, son patron, Thomas Middelhoff, pourrait bien être emmené dans sa chute.
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