Faut-il multiplier les antennes-relais pour réduire l'exposition aux ondes ?

Les antennes-relais sont depuis de nombreuses années au cœur d’un débat autour de l’impact sur la santé des personnes vivant aux alentours. C’est d’ailleurs pour cette raison que le développement de la 4G à Paris a pris plus de temps que prévu, certaines associations telles que les Robins des Toits ainsi que des élus municipaux s’opposant à la multiplication de ces antennes sur les toits de la ville.

Le nerf de la guerre de l’exposition des antennes-relais, c’est le Volt par mètre. Cette unité de mesure correspond au champ électrique d’une antenne sur son environnement. Les limites réglementaires recommandées par l’Union Européenne et l’OMS sont de l’ordre de 40 à 61 V/m, mais de nombreuses associations estiment que ces valeurs sont bien trop élevées, pouvant causer certaines conséquences biologiques.

Par conséquent, ces opposants réclament que ce niveau soit abaissé à 0,6 V/m, pour répondre au principe de précaution. En France, sur les 50 000 antennes relais dispersées sur le territoire, 90 % affichent un niveau d’exposition inférieur à 0,7 V/m et 99 % à 2,7 V/m.

Objectif 0,6 V/m

Un comité de pilotage a donc été mis en place (le Copil) pour mener des simulations autour de ce niveau, réunissant l’État, les opérateurs téléphones, les élus locaux ainsi que les associations. Toutefois, parmi ces dernières ne figurent plus les Robins des Toits, qui ont quitté le comité au prétexte que son but serait de discréditer l’intérêt de descendre le taux d’émission à 0,6 V/m.

Toujours est-il que la conclusion d’une simulation menée dans 5 villes est qu’il faudrait au moins trois fois plus d’antennes-relais, d’une puissance plus faible, pour atteindre ce niveau sans perturber la qualité de couverture. En effet, sans toucher à la quantité d’antennes, la couverture réseau se détériore drastiquement, surtout dans les bâtiments. Par exemple, d’après les tests menés dans le 14e arrondissement de Paris, une baisse de 82 % serait constatée. Les simulations des quatre autres villes (Lavalanet, Grand-Champ, Grenoble et Thiers) confirment cet état de fait, dans des proportions moins importantes toutefois.

La mise en pratique d’une telle solution serait tout de même compliquée, avec certains détails délicats notamment pour les opérateurs : la multiplication des antennes engrangerait des coûts importants, qu’ils ne voudront probablement pas assumer seul.

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