PRISM : Google, Yahoo et Obama réagissent à l'espionnage généralisé du FBI

Alors que la semaine dernière, le Washington Post et le Guardian ont publié des documents provenant du FBI et de la NSA selon lesquels les deux agences américaines espionneraient les données des utilisateurs de Google, Facebook, Yahoo ou Microsoft, il semblerait en fait que l’affaire ne soit pas si simple.

Les différentes entreprises mises en cause ont en effet rigoureusement réagi à la publication de l’article du Washington Post. Le journal américain écrivait en effet que la NSA et le FBI avaient accès à un « portail dérobé », permettant d’accéder à de nombreuses informations privées par les utilisateurs de Facebook, Google, Microsoft, Yahoo, YouTube, Skype, AOL, Apple ou PalTalk. Du côté de Google, Le PDG, Larry Page affirme ainsi que la firme n’a « participé à aucun programme secret du gouvernement américain ou de tout autre gouvernement, qui donnerait un accès à [ses] serveurs » et qualifie les articles du Washington Post et du Guardian d’erronés : « Toute allégation affirmant que Google donne accès aux informations de ses utilisateurs à une telle échelle est complètement fausse ». Même son de cloche de la part de Yahoo : « Afin de préserver la vie privée de nos utilisateurs, Yahoo étudie chaque demande et ne répond qu’en cas d’absolue nécessité, dans le cadre d’une interprétation stricte »

L’administration américaine a elle aussi répondu à l’article du Washington Post, en la personne du président des États-Unis lui-même. Barack Obama affirme en effet que le programme PRISM, qui autoriserait la NSA et le FBI à accéder aux serveurs des principaux acteurs de l’économie numérique américaine, serait déjà connu « depuis 2006 » : « Ce que nous avons ce sont deux programmes qui ont d’abord été autorisés par le Congrès et encore autorisés par le Congrès ». Le directeur des renseignements américains a quant à lui publié un communiqué sur le programme PRISM afin de s’en expliquer. « Nous ne pouvons cibler des personnes étrangères sans des objectifs valides de renseignements étrangers », affirme le communiqué des renseignements américains, ajoutant que le programme PRISM est supervisé par un tribunal « composé de 11 juges désignés par le président de la Cour Suprême des États-Unis ».

En Europe, l’eurodéputée socialiste Françoise Castex a réagi vivement aux informations du Washington Post, et a demandé à la Commission européenne de plus amples informations au sujet du programme PRISM et s’il existe des programmes similaires au sein même de l’Union Européenne, touchant les données personnelles des citoyens européens. Le sujet est particulièrement sensible en Europe puisqu’il ne peut pas toucher les citoyens américains, mais seulement les étrangers, y compris les Français.

Edward SnowdenEdward SnowdenLa source du Washington Post et du Guardian s’est quant à elle révélée durant le weekend. Il s’agit d’Edward Snowden, un employé ayant travaillé pour un prestataire technique de la NSA. Celui-ci affirme dans une interview au Guardian qu’il a décidé de dévoiler ces informations, classées secret défense, par acquit de conscience : « Vous voyez des choses qui peuvent être dérangeantes. Quand vous voyez tout, vous réalisez que certaines d’entre elles sont abusives ». Pour avoir révélé des documents classés, il encourt de la prison ferme aux États-Unis. Barack Obama lui-même a déclaré qu’il ne pouvait accepter qu’il existe des fuites. « Il y a une raison pour laquelle ces programmes sont classifiés », a-t-il déclaré. Une pétition sur le site de la Maison-Blanche demande toutefois la clémence du président américain à l’encontre d’Edward Snowden. Elle a d’ores et déjà recueillie plus de 8 500 signatures en une journée sur les 100 000 demandées pour obtenir une réaction de l’administration américaine.

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