Une sonde spatiale s’apprête à sortir d’un sommeil de deux ans

La belle au bois dormant spatiale, c’est elle : la sonde Rosetta s’apprête à sortir d’un sommeil de plus de deux ans. Lancée il y a près de dix ans (le 2 mars 2004), cette sonde de trois tonnes bardée d’instruments (21 au total) s’approche de son objectif : la comète Churyumov-Gerasimenko, dont elle doit analyser le sol. Actuellement en orbite à proximité de Jupiter, cet astre de 4 km de diamètre n’a pas été choisi au hasard : il est aussi âgé que le système solaire, soit 4,5 milliards d’années. Il faut dire que la comète a passé l’essentielle de sa vie dans les profondeurs de l’espace, à l’abri des rayons du soleil. Pour l’Agence spatiale européenne (ESA), ces analyses, qui pourraient presque passer pour de l’archéologie, permettraient d’en apprendre plus sur le processus qui a mené à sa création.

Mais la mission s’annonce particulièrement difficile. La sonde, actuellement à 800 millions de kilomètres de notre planète, doit se réveiller à 18 h 30 heure française. Progressivement, les différents appareils embarqués vont se réactiver, à commencer par le déploiement de ses deux panneaux solaires de 14 mètres de long pour accumuler de l’énergie. Une fois en ordre de marche, un signal sera envoyé jusqu’à la Terre et mettra 45 minutes à parcourir les 800 millions de kilomètres.

Objectif : atterrir sur un objet à 135 000 km/h

Puis, à partir de cet été, Rosetta va s’approche de la comète qui se déplace à 135 000 km/h, ne laissant qu’une centaine kilomètre d’écart pour cartographier le noyau afin de déterminer un site d’atterrissage. Si tout se passe bien, novembre devrait marquer l’atterrissage de Philae, un robot de 100 kg qui va s’occuper de réaliser des photos et forer le sol à environ 20 centimètres de profondeur. Tous ensemble, ils devraient voyager jusqu’à la fin 2015 pour conglomérer un maximum d’information sur ce vestige de l’espace.

Cette mission représente un véritable challenge pour l’ESA (sans compter son coût, 1 milliard d'euro), et est pour l’instant une mission unique ne son genre. « Aucun rendez-vous avec une comète n’a jamais été réalisé. Même les Américains n’ont jamais fait ça ! » explique l’astrophysicien français Francis Rocard dans une interview avec le quotidien 20 Minutes. Non, le film Armageddon ne compte pas.

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