La presse en ligne payante pour Rupert Murdoch

Rupert Murdoch change de capRupert Murdoch change de capVers un modèle d’Internet payant ? C’est ce qu’envisage le magnat de la presse américaine, Rupert Murdoch, face à la contraction du marché publicitaire. Une décision qui pourrait entrainer beaucoup de changement pour les internautes.

Volteface

« Qu'il soit possible de faire payer pour des contenus sur Internet est une évidence, vu l'expérience du Wall Street Journal » a indiqué Rupert Murdoch lors de la dernière présentation des résultats trimestriels de son groupe News Corp. (également détenteur de MySpace). Selon lui, un million de personnes ont ainsi souscrit un abonnement à WSJ.com pour une centaine de dollars par an. Le site sera doté à l’automne d’un système de micropaiement pour les achats d’articles à l’unité. Des contenus dits « premium » seront aussi ajoutés dans certaines rubriques comme l’environnement ou la santé. Ces évolutions pourraient ensuite être étendues à d’autres titres du groupe comme The Sun, The Times ou encore le New York Post. Le New York Times avait tenté l’expérience entre 2005 et 2007 en s’y cassant les dents : seuls 230 000 abonnés avaient alors souscrit à son offre payante.

Pourtant en novembre 2007, l’Australien Rupert Murdoch avait indiqué que le modèle gratuit financé par la publicité serait plus rentable qu’une formule payante : « Au lieu d'avoir un million d'abonnés, nous aurons au moins 10 à 15 millions de lecteurs aux quatre coins du monde. » Depuis, la crise financière est passée par là, faisant s’effondrer le marché de la publicité. D’autres initiatives vont dans ce sens aux USA, comme celle de la société Journalism Online LLC créée par trois anciens dirigeants de médias américains. Son offre sera une plateforme de paiement proposé aux éditeurs de presse et offrant aux lecteurs la possibilité de lire plusieurs titres pour un abonnement de 15 dollars par mois ou d’acheter les articles à l’unité.

Vers une évolution de l’offre aux lecteurs

La version européenne du site du WSJLa version européenne du site du WSJEn France, aucun grand titre de la presse en ligne n’a pour le moment annoncé un tel revirement de stratégie. Pourtant, l’idée pourrait bel et bien faire son chemin dans une optique de diversification des revenus. Libération et le Figaro ont annoncé dernièrement ne plus faire paraître leurs éditions de certains jours fériés, signe que les groupes de presse cherchent actuellement à parer au plus simple (réduction des coûts) pour compenser la drastique baisse des revenus publicitaires (-27 % au dernier trimestre pour TF1). 

Pour les lecteurs, cela pourrait changer beaucoup de choses, mais difficile encore de dire dans quelle mesure. Repli vers les sites gratuits qui seront alors stigmatisés comme moins qualitatifs ? Retour aux versions papier des journaux donnant l’impression d’en avoir plus pour son argent ? Coup de pouce aux blogs qui resteront quant à eux certainement gratuits, car en dehors de toute logique économique ? Les pistes d’évolution de la consommation de la presse sont nombreuses et n’ont pas fini de donner lieu à de nombreuses expérimentations.

Et vous seriez-vous prêts à payer pour consulter vos articles de presse en ligne ?

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1 commentaire
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  • Quand on voit la qualité (et surtout la véracité) de l'information diffusée sur les sites mentionnés, aucun doute que je trouverais des sites gratuits, avec un VRAI contenu journalistique (et non pas un énoncé gouvernemental camouflé, ou un pile de faits divers sans intérêt).

    Par ex :
    http://www.globalresearch.ca/
    ou en Fr : http://www.mondialisation.ca/

    des articles documentés, avec des sources citées, des analyses,
    enfin simplement du journalisme quoi !
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