Des scientifiques mesurent le magnétisme de l’antimatière

Une équipe de chercheurs de l’Université de Harvard est parvenue à mesurer la charge magnétique d’une particule de matière et d’antimatière avec une « précision spectaculaire », jamais atteinte auparavant. Selon eux, cette avancée pourrait apporter des réponses sur la nature même de la matière.


À l’heure où nous envoyons des robots sur Mars pour en étudier le sol, il existe toujours une question aussi simple que vaste qui anime le monde scientifique : « pourquoi l’Univers est-il constitué de matière ? » La question semble saugrenue à première vue, mais elle a bien un sens, que les scientifiques expliquent ainsi : « selon nos théories, la même quantité de matière et d’antimatière ont été produites durant le Big Bang. Quand la matière et l’antimatière se rencontrent, elles s’annulent. Mais la question qui reste en suspens est : pourquoi toute la matière n’a-t-elle pas rencontré son antimatière pour s’annuler ? Il reste encore beaucoup de matière, et plus d’antimatière, et nous ne savons pas pourquoi. » Ce fait a en effet toujours été très mal expliqué, et les scientifiques considèrent par défaut qu’un phénomène encore mal connu, appelé baryogénèse, serait à l’origine d’un surplus de matière qui n’aurait pas connu d’antimatière, et aurait ainsi « survécu » à l’annihilation de la matière par l’antimatière.


Voilà pourquoi certains physiciens ont passé de longues années à étudier la matière et l’antimatière, dans le but de répondre à cette question, sans pour autant y parvenir jusqu’à maintenant. Aussi, lorsque cette équipe de Harvard a annoncé être parvenue à mesurer précisément la charge magnétique d’une particule d’antimatière, cela a été considéré comme « un bond en avant comme en voit rarement en physique ». Ces premières mesures pourraient en effet apporter un début de réponse sur certaines théories scientifiques, dont le théorème de la symétrie CPT (charge, parité et temps). Selon ce théorème, les protons et antiprotons (qui constituent respectivement la matière et l’antimatière) sont virtuellement identiques et possèdent la même masse, pour des charges exactement opposées. Si les premières mesures semblent avoir pour l’instant conformes au théorème, Gerald Gabrielse, qui dirige les recherches, explique que beaucoup d’autres mesures vont encore être nécessaires avant d’arriver à une conclusion définitive, le modèle standard ne prenant pas en compte toutes les forces mises en jeu, comme la gravité. « Tout ce que ces particules pourront nous apprendre nous donnera des informations pouvant expliquer ce mystère. »

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  • Goras
    "Si les premières mesures semblent avoir pour l’instant conformes au théorème"
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