Bouygues et SFR : ce que la mutualisation va changer

Suite à l’annonce, vendredi, de la signature d’un contrat visant à mutualiser une partie des réseaux de Bouygues et SFR, une conférence de presse a été organisée lundi matin pour éclaircir les modalités de ce partage. Six mois de négociations ont tout de même été nécessaires pour arriver à un accord, qui est prévu pour l’instant sur 20 ans. Une société commune est créée afin de gérer les infrastructures des deux opérateurs.

Le but de la manœuvre est de couvrir l’ensemble du territoire français, à l’exception des 32 plus grandes agglomérations (plus de 200 000 habitants, représentant 42 % de la population). 57 % de la population devrait être couvertes par ce réseau commun, qui concerne la 2G, la 3G et la 4G. S’il y a un partage des antennes, ce n’est pas le cas pour les fréquences. En d’autres termes, SFR ne peut prétendre à utiliser la 4G de Bouygues sur les fréquences 1800 MHz. Par contre, les équipements mis en place par l’opérateur au carré rouge supporteront la technologie.

Élagage prévu dans le parc d’antenne

Chaque opérateur est leader d’une zone : Ouest et Sud-Est pour Bouygues, Nord, Est et Sud-Ouest pour SFR. Plutôt que de laisser les antennes des deux entreprises sur une zone, seules celles du leader seront conservées et mises à jour afin d’acheminer les deux réseaux. Au final, nous allons assister à une réduction des équipements, et bénéfice collatéral, à une baisse des expositions aux ondes. Le nombre total de sites sur la zone de mutualisation devrait passer de 18 500 actuellement à 11 500. Le revers de la médaille, c’est qu’en cas de panne sur une antenne, les clients des deux opérateurs seront touchés. Pour autant, le PDG de Bouygues, Olivier Roussat, a assuré que « l’accord sera sans impact sur l’emploi ». Les travaux débutent dès aujourd’hui et devraient aboutir en 2017, tandis que les premiers sites mutualités sont attendus pour la fin de l’année.

Cet accord permet surtout d’optimiser les dépenses des deux groupes en matière d’infrastructure. Bouygues espère économiser 100 millions d’euros par an tandis que les analystes misent sur le double pour SFR. En terme de stratégies commerciales, les deux entreprises restent alors totalement indépendantes. Les services, les fréquences et les tarifs sont toujours à la discrétion de chacun. Pour les clients, les avantages se concentrent donc sur une amélioration de la couverture et des débits. Quid des autres opérateurs, qui voudraient se joindre à l’aventure ? « Juridiquement, rien ne ferme la porte » à Free Mobile, a-t-on déclaré pendant la conférence.

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