Thom Yorke (Radiohead) entre en guerre contre Spotify

Thom Yorke, leader de Radiohead et Atoms for Peace (Crédit : CC-BY-SA Anyonlinyr)Thom Yorke, leader de Radiohead et Atoms for Peace (Crédit : CC-BY-SA Anyonlinyr)Thom Yorke et Nigel Godrich, respectivement chanteur et producteur de Radiohead et Atoms for Peace, sont partis en croisade contre Spotify, accusé d’étouffer les jeunes artistes.

C’est par une série de tweets que Thom Yorke a annoncé retirer certains albums de Spotify et de la plateforme de streaming We7. Si les albums de Radiohead restent accessibles, ce n’est plus le cas de The Eraser, l’album solo de Thom Yorke, d'Atoms For Peace, le groupe fondé avec Thom Yorke et Flea des Red Hot Chili Peppers, et Ultraista, le projet de Nigel Godrich.

D’après les données accumulées par Ditto Music en août 2012, l’écoute d’un titre sur Spotify rapporterait entre 0,0012 et 0,0153 dollars aux ayants droit selon le type d’offre souscrite par l’auditeur. Un chiffre à mettre en comparaison avec iTunes qui reverse 0,71 dollars par titre acheté. Pour Thom Yorke et Nigel Godrich, ce modèle économique n’est pas viable pour les jeunes artistes encore méconnus. « Ne faites pas d’erreur, les nouveaux artistes que vous découvrez sur Spotify ne seront pas payés », affirme ainsi le leader de Radiohead. En se basant sur les chiffres de Ditto Music, il faudrait en effet au moins 100 000 écoutes par mois pour toucher 1 530 dollars mensuels en se basant uniquement sur le modèle du streaming musical. Un chiffre intenable pour des artistes encore méconnus

Nigel Godrich annonçant son départ de SpotifyNigel Godrich annonçant son départ de SpotifyC’est en réaction à cette disproportion entre les stars de l’industrie et les artistes méconnus que Thom Yorke et Nigel Godrich ont décidé de réagir. « Si nous n’essayons pas de rendre cela juste pour les producteurs et les artistes, alors l’art en souffrira », a ainsi déclaré le producteur de Radiohead. En 2007, le groupe britannique s’était déjà illustré comme trublion de l’industrie musicale en proposant son dernier album, In Rainbows, au prix choisi par les fans. Si un tiers du public a décidé de le télécharger gratuitement, la somme moyenne reversée s’établissait finalement à 3 euros. Revenant sur cette opération, Thom Yorke considère qu’il s’agissait déjà d’une façon de trouver de nouvelles rémunérations pour les artistes : « Pour moi, In Rainbows était une déclaration de confiance. Les gens continuent à valoriser les nouvelles musiques. C’est ce que nous aimerions de la part de Spotify ».

De son côté, Spotify se défend auprès de Mashable de signer l’arrêt de mort des artistes émergents et se targue de la jeunesse de son service : « Pour l’instant, nous sommes encore aux fondements d’un projet à long terme qui a déjà un énorme impact positif auprès des artistes et des nouvelles musiques. Nous avons déjà payé 500 millions de dollars aux ayants droit jusqu’à présent et d’ici la fin de l’année 2013, ce montant atteindra 1 milliard de dollars. La plupart de cet argent est investi pour faire émerger de nouveaux talents et produire de nouvelles musiques ».

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