Les Stagiaires : la Geek Critique

Le pitch : Nick Campbell (Owen Wilson) et Billy McMahon (Vince Vaughn), deux quarantenaires vendeurs de montres, se retrouvent au chômage du jour au lendemain après la faillite de leur entreprise. Ils se tournent alors vers Internet, un média qu’ils ne connaissent que très peu, et tentent leur chance chez Google en se faisant passer pour des étudiants afin d’y décrocher un stage. Ils vont donc être mis en compétition avec de jeunes étudiants tous calés en informatique, et devront apprendre sur le tas à se servir d’un ordinateur, mais aussi à travailler dans un univers qui leur est totalement étranger.

5 raisons d’aller (ou pas) voir Les Stagiaires

S’il n’est pas des plus originaux, le pitch promet tout de même quelques situations intéressantes : placer deux commerciaux dépassés technologiquement dans un milieu geek et rempli de passionnés d’informatique offre de nombreux ressors comiques. Malgré cet avantage certain, l’équipe va réussir à passer complètement à côté de son film.

1 - Le spot de pub le plus long du cinéma

C’était déjà ce que nous craignons à la vue du trailer et des affiches du film, mais cela s’est largement confirmé lors du visionnage : « Les Stagiaires » ressemble beaucoup trop à une publicité de deux heures pour Google. Large présentation du Googleplex, où plusieurs scènes ont été tournées, apparitions furtives mais remarquées de Sergei Brin, Google Glass sur le nez, citation à volonté de toutes les marques de Google (Android, Chrome, Google+, etc...) Le film nous montre surtout à quel point Google est une entreprise super, pleine de gens gentils et d’activités géniales, le tout sans aucune subtilité.

2 - Le geek mangé à toutes les sauces

Ce n’est une surprise pour personne : chez Google, il y a des geeks, aucun problème donc à ce qu’on en trouve toute une brochette dans le film. Ce qui est plus gênant, c’est quand ces mêmes geeks sont de véritables clichés ambulants : on trouve au hasard un asiatique qui s’arrache un sourcil pour se punir à chaque erreur, une jeune femme effrayée par les hommes mais complexée par sa sexualité, un asocial bloqué en permanence sur son smartphone, etc. Tous les bons vieux clichés qui pourrissent la vie du geek moyen sont ici soigneusement étalés sans le moindre complexe, et on n’a même plus envie de se forcer à en rire.

3 - Indigestion de geekitude

Mais « Les Stagiaires » ne propose pas qu’un amas de caricatures éculées, et bourre ainsi son film de références en tout genre sur la culture geek. Cela aurait été une bonne idée si ces mêmes références n’arrivaient pas systématiquement comme un cheveu sur la soupe comme une tentative désespérée de la part des producteurs de plaire à un public qui a la réputation d’être très exigeant (encore un cliché, encore que). Ces références se succèdent donc avec plus ou moins de justification, des comics aux jeux vidéo en passant par les séries TV, mais rares sont celles qui décrocheront vraiment un sourire au spectateur.

4 - Des gags qui tombent à plat

Nous l’avons vu, l’idée de départ promettait un scénario presque amusant qui aurait pu jouer sur le décalage flagrant entre les quarantenaires et les étudiants. Mais ce levier ne sera malheureusement que trop rarement utilisé, et constituera par ailleurs les seuls vrais passages assez drôles du film. Pour le reste, le film est un enchaînement consternant de blagues d’assez mauvais goût, trop souvent portées sur le sexe et qui ont déjà été vues des centaines de fois par les amateurs de comédie. Mention spéciale à la (trop longue) scène dans un club de strip-tease qui n’a strictement aucun intérêt scénaristique, mais qui permet d’atteindre un quota de corps nus acceptable pour Hollywood, ainsi que d’ajouter encore quelques blagues salaces.

5 - Des références techniques cohérentes

S’il y a au moins un côté pour lequel l’apport de Google aura été bénéfique à la crédibilité du film, c’est sur la cohérence et la justesse des propos techniques tenus tout au long du film. Point ici d’adresse IP qui n’existe pas, de termes techniques utilisés à tort et à travers ou de phrases inventées pour faire croire au spectateur qu’il est difficile de zoomer sur une photo. De ce point de vue, les dialogues sont cohérents, et certains connaisseurs salueront l’effort fait pour utiliser un jargon correct. C’est bien peu en comparaison des défauts, mais ça fait du bien de constater que le spectateur n’est pas complètement pris pour un idiot.

Le verdict : 

Après deux heures passées devant « Les Stagiaires », nous n’avons pas beaucoup ri, mais nous avons pu nous rendre compte que Google s’est offert ce qui est peut-être le spot publicitaire le plus long de l’histoire. À oublier bien vite, en espérant que ces stagiaires-là changeront rapidement de voie.

Note : 1,5/5

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2 commentaires
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  • furax92
    Bon, et bien, c'est confirmé, je n'irai pas !
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  • Akiranai Neko
    je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous dites, certes, le cliché du hentai tentacule (qui m'a fait bien rire d'ailleurs ...), et les autres clichés plus clichés qu'il soit possible de faire, pendant le filme je ne pensais pas à google, il ne faut pas penser ça sinon c'est sur cela ressemblera à un gros spot publicitaire. Il faut prendre surtotu l'histoire principale, 2 personnes de l'age ancien, qui ne connaissent rien à la technologie actuelle, bon c'est encore un cliché, mais c'est en grande partie une réalité, nos parents etc ont du mal avec cela, et pas qu'un peu. Ensuite, on peut aussi dire le fait que peu importe nos différence de vivre et d'être, on peut s'entendre avec n'importe qui. Je ne m'attendais pas personnellement à un filme 100% comiques loin de la, mais plutôt de 2 clampins qui ne comprennent plus rien et de ce côtés la je suis comblé ^^
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