Star Trek Sans Limites : la Geek Critique

Le pitch : Après plusieurs années à explorer l’espace à la découverte de nouvelles civilisations, l’équipage de l’USS Enterprise commence à sentir l’ennui pointer le bout de son nez. Un jour, il découvre une alienne à bord d’un vaisseau. Elle affirme avoir dû laisser son équipage sur une planète isolée. Partis à la rescousse de l’équipage, Kirk, Spock, Bones et tous les autres vont se faire attaquer par une flotte mystérieuse et se retrouver à leur tour perdus à la surface de la planète.

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4 raisons d’aller voir (ou pas) Star Trek Sans Limites

Alors que J.J. Abrams, concepteur du reboot de la saga en 2009, est passé chez le cousin ennemi Star Wars, la franchise Star Trek ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Pour prendre la succession du réalisateur, Paramount a fait appel à un autre metteur en scène habitué des sagas d’action, Justin Lin (Fast & Furious 3, 4, 5 et 6). Alors, la relève est-elle assurée ?

Non pour l’histoire un peu faible

Depuis le reboot de la franchise au cinéma en 2010, les deux premiers volets ont su présenter des intrigues et des personnages complexes. Il s’agissait à chaque fois de créer une unité au sein d’un équipage disparate. Le film de 2010 abordait à la fois la question du voyage dans le temps, mais aussi et surtout la réunion d’un équipage, à la manière de l’origin story d’un super-héros. Le second volet, Into Darkness, s’attardait quant à lui sur la relation entre Kirk et Spock, mais également sur un personnage mystérieux, John Harrison.

Rien de tout ça n’apparaît vraiment dans ce troisième opus de la saga. Le film tente de ramener un peu de complexité avec le personnage du méchant, Krall, mais sans arriver à la profondeur et au tiraillement de John Harrison, malgré la bonne interprétation d’Idris Elba. De même, la séparation des personnages par groupes de deux sur la planète aurait été l’occasion de créer des liens entre eux. Il n’en est rien, à l’image du duo Bones et Spock, mauvaise reprise de ce qu’on a pu apercevoir précédemment entre Kirk et le Vulcain.

Oui pour les scènes d’action

Fort heureusement, puisque c’est sa spécialité, Justin Lin parvient à rehausser le niveau du film avec quelques scènes d’action bien senties, aussi bien dans l’espace que sur la planète. Il faut dire que la structure des vaisseaux adverses, en forme d’essaim, permet beaucoup d’inventivité en termes de mise en scène comme de batailles spatiales. L’USS Enterprise se retrouve assiégé, défoncé, pulvérisé rapidement au début du film par des milliers de navettes plus compactes qui le transpercent peu à peu. Ce sont là des scènes idéales pour mettre en avant le talent du réalisateur sino-américain.

Il en va de même à la surface de la planète. Alors que l’équipage chercher à se regrouper dans la base ennemie, Justin Lin filme magnifiquement un capitaine Kirk à moto qui va sauter, déraper, utiliser des accessoires et aux autres armes pour s’attaquer au malfaisant Krall. Là encore, on sent toute l’expérience acquise par Justin Lin sur la franchise Fast & Furious.

Non, pour l’hommage maladroit à Leonard Nimoy

Star Trek Sans Limites est le premier volet de la franchise sorti depuis la disparition de Leonard Nimoy, le 27 février 2015. Bien évidemment, le film lui est dédié puisqu’il a tenu le rôle de Spock pendant près de 50 ans au cinéma et à la télévision. Il était par ailleurs présent dans les deux premiers films du reboot puisque le Spock de l’ancienne génération a lui-même causé une faille entre des univers parallèles et s’est retrouvé isolé dans la dimension des films.

Malheureusement, l’hommage fait au comédien américain est particulièrement bancal. Il y est fait mention à plusieurs reprises dans le film, lorsque le Spock jeune, incarné par Zachary Quinto, apprend que le vieil ambassadeur Spock est décédé. A plusieurs reprises, cet élément revient dans l’intrigue du film, comme pour démontrer que le jeune Vulcain est doté de sentiments. Cependant, cela n’apporte absolument rien à l’histoire. On aurait apprécié que le décès de l’ambassadeur chamboule davantage le commandant ou qu’elle soit mieux liée à l’intrigue, mais il n’en est rien.

Le film fait également mention, à la toute fin du générique, de la disparition de Anton Yelchin, décédé mi-juin, en rendant un rapide hommage à l’interprète de Pavel Chekov.

Oui pour l’évolution du capitaine Kirk

Si la plupart des personnages n’apportent pas grand-chose au film, le capitaine Kirk a droit, quant à lui, à un traitement de faveur. Il faut dire qu’en tant que capitaine de l’USS Enterprise, il symbolise à lui seul tout l’équipage de son vaisseau. Dès lors, quoi de mieux, pour représenter la lassitude des personnages, que le voir au début du film demander une promotion au titre d’amiral, afin de ne plus avoir à parcourir la galaxie. Bien évidemment, les péripéties qui vont suivre le feront peu à peu changer d’avis et retrouver l’excitation qu’il avait dans les deux premiers volets.

En parlant des deux premiers volets, le film fait également mention, une nouvelle fois, du père de James Kirk, George Kirk. Pour rappel, il s’agit du personnage incarné par Chris Hemsworth au tout début du reboot de 2010 et à l’image de qui le capitaine de l’Enterprise n’a de cesse de se confronter. Dans Star Trek Sans Limites, Kirk apprend enfin à outrepasser son désir de faire mieux que son héros de père. Une phase qui ne devrait pas être sans conséquence, puisqu’on a appris que Chris Hemsworth serait de retour dans le prochain film.

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