Jobs : la Geek Critique

Le pitch : Dans les années 70, un jeune étudiant du nom de Steve Jobs rêve de changer le monde. C’est avec son ami Steve Wozniak qu’il va se lancer dans l’informatique en travaillant pour Atari, mais va très vite se rendre compte qu’il veut être son propre patron. Les deux compères travaillent donc sur leur premier ordinateur, l’Apple, qui va rapidement leur permettre de recevoir un financement conséquent et de lancer leur propre entreprise.

5 raisons d’aller voir (ou pas) Jobs :


Le décès de Steve Jobs fin 2011 n’a pas manqué de faire parler, et ce film est un des nombreux exemples de la marque qu’il a laissée dans l’inconscient collectif. Considéré comme ayant révolutionné le monde de l’informatique et de la musique numérique, le fondateur d’Apple a laissé derrière lui une société au succès grandissant et une marque reconnaissable entre toutes. Mais que peut avoir de si particulier ce film pour vous retenir dans les salles de cinéma ?

1 — Pour Ashton Kutcher


Pour cette adaptation au cinéma de la vie de Steve Jobs, c’est le jeune Ashton Kutcher qui a été choisi pour incarner le patron d’Apple. Si le côté baba cool, cheveux mal coiffés et barbe hirsute lui vont particulièrement bien d’un point de vue physique, l’acteur a mis un point d’honneur à reproduire à l’identique la démarche nonchalante et mal assurée de Jobs, comme son petit sourire en coin. En outre, Ashton Kutcher campe un Steve Jobs tellement convaincant qu’on devrait presque se retenir de se ruer dans l’Apple Store le plus proche dès la sortie de la salle.

2 — Parce que c’est plus un roman qu’une biographie


Ceux qui ont lu la biographie officielle de Steve Jobs le savent : l’inventeur était quelqu’un d’extrêmement lunatique, colérique et émotif, doublé d’un égoïste mégalomane. Si ces traits de sa personnalité sont bien sûr évoqués dans le film, il sont en revanche largement passés sous silence dans de nombreux moments clés de l’histoire. Steve Jobs était un patron craint de ses employés, le genre de patron capable de virer un subalterne sur un coup de tête dans l'ascenseur. Malgré les efforts du scénario pour reproduire ce côté imprévisible, le Jobs de ce film est en revanche plus édulcoré, et son histoire s’en trouve de fait largement romancée.

3 — Parce que raconter 25 ans en 2 heures, c’est difficile


Le film commence en 1974, alors que Steve Jobs n’est encore qu’un étudiant libre sur le campus du Reed College de Portland, et se fera fort de raconter plusieurs étapes marquantes de sa vie jusqu’à la fin des années 90 et son retour chez Apple. Cela couvre donc une période de près de 25 ans, et comme on pouvait s’y attendre, de nombreux éléments marquants de la vie de l’inventeur sont soit à peine survolés, soit occultés dans l’histoire. Le voyage en Inde et la prise de LSD dans sa jeunesse, que Jobs a toujours considérés comme « une des expériences les plus importantes de [sa] vie » sont à peine évoqués, son entreprise NeXT est tout juste citée, et son arrivée à la tête de Pixar ne fait même pas partie du film. C’est d’autant plus dommage que le film souffre d’un certain nombre de longueurs qui tendent à gâcher le plaisir, malgré une histoire qui aurait pu être captivante si mieux racontée.

4 — Parce qu’on ne fait pas trop la publicité d’Apple


Bien que Jobs soit un film dédié au fondateur d’Apple, le film sait se garder de devenir une publicité géante pour la marque à la Pomme. De fait, et comme son nom l’indique, Jobs n’est pas centré sur Apple mais sur son créateur. Et même si ce dernier se voit glorifier et ses mauvais côtés quelque peu gommés, le film réussi l’exercice de ne pas essayer de vous vendre un produit Apple toutes les deux minutes. En réalité, les seuls produits Apple qui apparaissent clairement à l’écran sont l’Apple II, le Lisa, le Macintosh et l’iPod. Évidemment, le film n’est pas neutre, et s’adresse avant tout aux fans d’Apple et de Steve Jobs, mais il ne met pas pour autant de côté ceux qui auraient un regard plus critique envers la marque et ses dirigeants.

5 — Parce qu’il se finit en queue de poisson


La scène d’ouverture du film se place en 2001, et nous montre Steve Jobs montant sur scène pour présenter l’iPod. On imagine alors qu’il s’agit de l’accomplissement d’une longue période de travail, mais qui là encore ne sera pas réellement évoquée dans le film. Steve Jobs retrouve son poste chez Apple, et... c’est tout. Même dans sa conclusion, Jobs parvient à laisser un goût d’inachevé qui laissera le spectateur sur sa faim. Apple étant une marque ayant énormément fait parler d’elle dans les années 2000, de même que Steve Jobs est devenu un personnage emblématique, il est dommage que cette période ne soit même pas abordée dans le long-métrage.


Le verdict : Malgré une histoire intéressante et une narration cohérente, Jobs souffre de certaines longueurs et quelques creux suffisamment désagréables pour que le film peine à captiver le spectateur pendant deux heures. Ashton Kutcher parvient toutefois à sauver le résultat grâce à une interprétation remarquable de Steve Jobs qui parvient à créer une certaine empathie.

Note : 3/5

Bande-annonce de Jobs

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