Téléphoner à 10 000 mètres d'altitude

SMS, MMS, e-mails en avionOn pouvait déjà envoyer SMS, MMS et e-mails sans limite de données dans les avions depuis le 17 décembre dernier. Dans la continuité de ce nouvel usage, le 7 avril 2008, la Commission Européenne a autorisée la pleine utilisation du téléphone portable dans les avions survolant l’U.E. Ce service est disponible à partir de 3000 mètres, ce qui correspond à une altitude de croisière pour un avion.

Téléphoner par satellite

En France, le système est actuellement en phase de test sur certains vols européens d’un Airbus A318 d’Air France. Concrètement, les communications passent par une mini-station relais embarquée dans la soute à bagage de l’appareil. Celui-ci envoie alors le signal vers le satellite Inmarsat par un réseau picocell, qui le transmet automatiquement sur la Terre au réseau téléphonique de l’usager via le réseau OnAir, grâce à la technologie SwiftBroadband.

Emission à faible puissance

Pour éviter toute interférence avec les instruments de bords et des connections directes avec les réseaux terrestres, les téléphones émettent à faible puissance. L’autre point gênant de cette nouvelle possibilité est que la compagnie doit pour l’instant obtenir une licence de téléphonie pour chaque pays survolé. Bruxelles souhaite harmoniser les réseaux pour que les compagnies aériennes puissent demander dans leurs pays d’immatriculation une licence qui sera valable dans toute l’Union Européenne.

Service réservé aux GSM

La téléphonie portable en avion présente toutefois des imperfections. En effet, il est pour le moment impossible de passer plus de douze appels simultanés à bord de l’appareil et seuls les GSM (téléphones de seconde génération) sont autorisés à utiliser le relais embarqué. Toutefois, Bruxelles n’exclut pas que les téléphones 3G puissent emprunter ces mêmes relais. Cette décision se fera en fonction de la demande qui en sera faite. L’incorporation des modèles de troisième génération permettrait une connexion à Internet et des débits plus rapides.

Des prix qui pourraient flamber

Au stade expérimental jusqu’au mois de juin chez Air France, les appels en avion coûtent le prix habituel d’une communication fixé par l’opérateur de l’usager. Si les avis des passagers de l’A318 qui utilise actuellement ce système de téléphonie se révèlent favorables, sa compagnie généralisera cette nouvelle possibilité à d’autres appareils de sa flotte. En outre, des opérateurs concurrents pourront s’aligner sur la grille.

Observations de la Commission Européenne

A ce propos, Viviane Reding, membre de la Commission Européenne responsable des télécommunications, souhaite que « les opérateurs soient transparents et innovants dans leurs offres de prix. […] Si les consommateurs reçoivent des factures de téléphone excessives, le service ne les intéressera pas. » Un souhait qu’il serait agréable de voir s’appliquer avec aussi une mise en œuvre des « conditions nécessaires à bord des avions pour que ceux qui veulent utiliser les services de communication en vol ne dérangent pas les autres passagers. », conclut Viviane Reding.

En attendant d’en savoir plus sur l’avenir de la téléphonie en altitude, on peut déjà noter que pour profiter de ce service dans un des vols correspondants, il suffit de composer le préfixe international (+) ou 00 plus le code du pays plus le numéro (sans le 0).

infographie téléphone avion

Le système de téléphonie à bord de l’A318 d’Air France