Le téléphone portable "peut-être cancérogène" selon l'OMS

L’agence de recherche sur le cancer dépendante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé hier que l’usage des téléphones portables pouvait être considéré comme « peut-être cancérogène pour l’homme ».

Selon Jonathan Samet, président de ce groupe de travail, « les preuves qui continuent à s’accumuler sont assez fortes pour justifier une classification au niveau 2b », soit l’un des cinq niveaux de classification des produits cancérigènes. Ce niveau définit des produits comme étant « peut-être cancérogènes ». C’est à l’issue d’une réunion qui se tenait à Lyon et réunissant pendant huit jours trente experts de quatorze pays sous l’égide du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) que le groupe s’exprimait.

Jusqu’à présent, l’utilisation du téléphone portable était classée un cran en dessous, soit « inclassable quant à sa cancérogénicité pour l’homme ». Ce nouveau classement 2b le met donc au même niveau que la laine de verre et les vapeurs d’essence. « Le groupe de travail a fondé cette classification (...) sur des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé avec l'usage du téléphone sans fil. Ce classement signifie qu'il peut y avoir un risque, et que donc nous devons surveiller de près le lien entre les téléphones portables et le risque de cancer », a précisé Jonathan Samet.

Résultats basés sur une étude de 2004

Le groupe de travail n’a toutefois pas pu quantifier le risque, basé sur une étude ayant analysé l’usage d’utilisateurs pendant dix ans jusqu’en 2004. Si ses conclusions montraient une augmentation du risque de gliome et de neurinomes de l’acoustique de 40 % chez les gros utilisateurs (30 minutes d’appels par jours durant dix ans), elle ne peut s’appliquer aux téléphones modernes ayant désormais des émissions bien plus basses.

Pour réduire l’exposition, il existe plusieurs moyens selon Kurt Straif du CIRC : « Ce qui probablement entraîne le plus haut niveau d'exposition, c'est utiliser le portable pour des appels. Si vous l'utilisez pour des SMS, ou avec un kit mains libres pour les appels, vous abaissez l'exposition de dix fois ». Enfin, les experts ont estimé que les risques posés par les autres champs électromagnétiques comme les radars, micro-ondes ou télévision ne rassemblaient pas assez de preuves pour êtres considérés comme nocifs.