Twitter : les messages antisémites refont surface

Ce weekend, de nouveaux messages à caractère antisémite ont fait leur apparition parmi les sujets les plus discutés sur Twitter. Sous le hashtag #SiJetaisNazi, des utilisateurs du réseau social ont ainsi partagé leurs bons mots plus que douteux dans un but humoristique ou clairement raciste. Dimanche, l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF) a réagi en déplorant le manque de réaction de la part de Twitter. « Twitter ne prend toujours pas la mesure du racisme, de l’antisémitisme et de l’homophobie en France », déclare ainsi l’organisation.

Cette polémique tombe à pic après la tribune de Najat Vallaud-Belkacem, dans Le Monde du 28 décembre. En octobre dernier, le mot clé #UnBonJuif avait déjà suscité l’indignation, suivi par #UnJuifMort et enfin, #SiMaFilleRamèneUnNoir. La porte-parole du gouvernement regrettait la multiplication de ces mots-clés racistes sur le réseau social : « Les propos tenus sur le réseau social Twitter appellent la condamnation la plus ferme de la part du gouvernement ».

Une position hypocrite du gouvernement ?


Néanmoins la question qui se pose réellement est celle de la légalité de ces tweets et de la responsabilité de Twitter. Twitter est en effet un site américain, hébergé aux États-Unis, pays où la liberté d’expression est absolue pour le meilleur comme pour le pire, et qui se réfugie le plus souvent sous son statut d’hébergeur. Dans une tribune publiée sur PCINpact, Benjamin Bayart, président du fournisseur d’accès FDN, souligne ce paradoxe : « Le gouvernement veut juste froncer les sourcils en public, mais ne veut pas bouleverser le droit ». Une concertation téléphonique entre Twitter et le gouvernement est prévue mercredi 9 janvier. Pour Benjamin Bayart, il ne s’agit encore une fois que d’une diversion. « Mme la ministre, faites appliquer la loi. Demandez aux procureurs d'agir systématiquement contre les propos homophobes, racistes ou antisémites. Twitter se fera un devoir de répondre à toutes les demandes d'identification des auteurs, j'en suis certain », affirme-t-il.

Rappelons toujours que si ces mots-clés existent au préalable, leur inscription parmi les trending topics vient également de leur utilisation sur le réseau social afin de les dénoncer. La meilleure façon de ne pas les faire remonter reste encore de ne pas les utiliser.

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