On craque (ou pas) pour le vélo électrique MBK AX-ION 3.3 ?

MBK n’en est pas à son premier vélo électrique. En 1993, un premier modèle réservé au marché japonais voyait le jour. Pour la France, il aura fallu attendre 1997. Depuis, le marché s’est largement développé et les évolutions, notamment en concernant les batteries, ont été nombreuses. Le AX-ION 3.3, l’un des derniers nés de la marque bénéficie de dernières avancées du domaine : motorisation Yamaha, puissance batterie de 352 Watts, autonomie de 65 à 100 km annoncée… Nous avons testé le AX-ION 3.3 afin de vérifier s’il tient la route.

Oui, parce qu’il vous fera aimer les côtes

Le MBK AX-ION 3.3 a été testé en grande partie à Suresnes, une ville qui se trouve sur un des versants du Mont Valérien, véritable cauchemar pour bon nombre de cyclistes amateurs de l’Ouest parisien. C’est en attaquant la première côte que l’on réalise à quel point la présence d’un moteur change tout. Certes, il vous faudra pédaler, mais pas plus que si vous étiez sur du plat. La sensation est tout simplement bluffante. De plus, MBK a placé son moteur dans le pédalier ce qui rend l’assistance équilibrée contrairement à certains modèles qui intègrent le moteur dans l’un des moyeux, avant ou arrière, ce qui donne plus l’impression d’être tiré ou poussé.

Le principe du moteur électrique n’est pas de transformer le vélo en vélomoteur, il ne fait que soutenir votre pédalage. Un ensemble de capteurs (de vitesse et de force) embarqués sur le pédalier permet au moteur de s’adapter en fonction de l’effort fourni et surtout d’entrer en action dès le premier coup de pédale.

Il faut choisir le type d’assistance dont on souhaite bénéficier « eco », « standard » ou « high ».  Pour limiter les efforts dans les côtes, il faudra privilégier le mode « high ».  

Si l’on oublie de changer de mode une fois revenu sur du plat, on peut subir un effet de décélération. Mais avec un peu de pratique et le bon réglage du niveau d’assistance nécessaire, cela n’arrive plus.

Oui, parce que l’autonomie est plutôt bonne

Nos tests ne nous ont pas permis d’atteindre le nombre de kilomètres annoncés par le constructeur (65 à 100 km). En effet, au bout de 40 km nous n’avions plus que 4% de batterie au compteur (on hésite à aller jusqu’à 0 de peur d’avoir à affronter les côtes avec un vélo pour le coup relativement lourd sans l’aide de l’assistance électrique). Ceci dit, nous ne l’avons pas ménagé et nous avons emprunté de nombreuses côtes avec l’assistante électrique poussée au maximum en permanence. Il est donc réaliste d’envisager faire largement mieux sur des trajets plus plats.

Il est, en revanche, très difficile de savoir à l’avance ce que l’on va consommer comme énergie. Tout dépend évidemment du nombre de montées, mais aussi de l’intensité du pédalage, du nombre de démarrages en côte, de son poids…

Pour effectuer des déplacements en zone urbaine, son autonomie devrait suffire au plus grand nombre. D’autant que la recharge est très simple. La batterie (3,5kg) est amovible et il suffit de venir la placer sur le chargeur prévu à cet effet pendant 5 heures pour faire le plein. Le constructeur annonce une durée de vie correspondant à 700 cycles de recharge soient environ 20 000 à 25 000 kms. Une fois ce chiffre atteint, il faut acheter une batterie neuve, en l’occurrence 395 € pour celle du AX-ION 3.3, un tarif plutôt raisonnable, le prix des batteries de rechange pouvant facilement dépasser les 500 €.

 Oui, parce le moteur sait se faire discret

On l’a déjà dit, tout électrique qu’il est le AX-ION 3.3 reste un vélo. Ceux qui ne veulent fournir aucun effort ne seront pas satisfaits. Les fans de vitesse, quant à eux, seront déçus car l’assistance électrique n’est pas là pour permettre d’incroyables performances. Le AX-ION 3.3, même s’il est dans une moyenne de poids tout à fait standard pour un vélo électrique (27,5 kg batterie incluse), pèse malgré tout une dizaine de kilos de plus que n’importe quel vélo traditionnel. Le poids n’ayant jamais été un grand allié de la vitesse, ce n’est pas avec ce type de vélo que l’on peut espérer battre des records.

Par ailleurs, pour respecter la réglementation en vigueur, l’assistance électrique se désactive automatiquement dès que la vitesse de 25 km est atteinte.

Rien n’empêche de dépasser cette vitesse, mais ce sera grâce à un bon coup de pédale ou à une pente avantageuse, mais pas grâce au moteur.

En revanche, il a toutes les qualités d’un vélo : il se faufile partout, ne nécessite pas d’assurance, d’immatriculation, n’impose pas le port du casque, n’a pas besoin d’effectuer de détour par la station essence…

Puissance batterie et puissance moteur

La réglementation impose une vitesse maximale de 25 km/h et une puissance moteur de 250 watts maximum. Attention, les watts indiqués par les fabricants vont souvent au-delà des 250 watts. Il s’agit dans ce cas de la puissance batterie  c’est-à-dire le nombre d’ampères multiplié par les volts (37 volts x 9,5 ampères soient 351,5 watts, dans le cas du AX-ION 3.3). Cette puissance supplémentaire permet principalement de gagner en autonomie.

Oui, parce que les finitions sont soignées

Le boîtier de commande placé sur le guidon permet de régler l’intensité de la batterie,mais aussi d’obtenir des informations sur sa vitesse (moyenne ou réelle), le nombre de km parcouru ou encore les calories brûlées.

Il est équipé de frein à disques plutôt efficaces, la selle est confortable, 2 antivols sont intégrés (un pour le vélo un autre pour la batterie)... Le tout avec un design très classieux inspiré des traditionnels vélos hollandais. Bref, MBK n’a rien laissé au hasard.

Non, parce qu’il est cher

Venons-en à l’incontournable problème du prix. 2300 euros pour la version que nous avons testée, c’est le prix d’un scooter d’entrée de gamme. D'autant qu'il faudra changer la batterie au bout de quelques années selon le nombre de kilomètres que vous aurez effectués. Il faut donc passer un cap psychologique pour acheter un vélo à ce prix (la gamme AX-ION va de 2000 à 2700 €) et surtout en avoir l’utilité. C’est-à-dire le concevoir comme un moyen de transport à part entière !

Verdict

Le AX-ION 3.3 est aussi beau à voir qu’agréable à utiliser. Ses performances et la grande qualité des finitions ont cependant un prix (2 300 €) que tout le monde ne souhaitera pas, ou ne pourra pas, investir dans ce qui reste un 2 roues électrique. Son principal défaut le réserve donc à quelques privilégiés.

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3 commentaires
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  • WillWD
    Merci pour l'article. Je voudrais nuancer la dernière partie concernant le prix et la comparaison avec "un scooter d'entrée de gamme".

    D'abord, on peut réfléchir sur le coût d'usage. Scooter signifie équipement adapté (casque, gants, blouson, pantalon, chaussures...) à moins de prendre le risque (que prennent hélas beaucoup) de finir en pizza en cas d'accident. Cet équipement a un coût, sans compter le confort par temps chaud. Il faut d'ailleurs pratiquement deux équipements différents : pour l'été et l'hiver.
    Le vélo n'a pas ces exigences et on peut circuler en tenue de ville (et en short l'été).

    Il faut aussi s'interroger sur les coûts de carburant et d'assurance.

    Par ailleurs, le vélo offre de nombreux avantages annexes (mais pas anecdotiques). La facilité d'usage (manipulations, stationnement...), le contact avec l'environnement et surtout la santé. Un de mes amis habitant à Joinville et travaillant à La Défense à décidé il y a quelques années d'aller au boulot en vélo. Sans rien faire d'autre, il a perdu 20 kg superflus e,t tant en terme de forme et d'énergie que d'aspect physique, a aussi rajeuni de 10 ans. Le scooter ne donne pas ça.

    Enfin, même s'il faut bien produire l'électricité (nucléaire), l'impact écologique en matière d'émission de gaz et de particules meurtriers (cf rapport OMS) en environnement urbain est sans commune mesure dans le cas du vélo.

    Donc, pour qui n'a pas de trop grandes distances à parcourir pour ses déplacements quotidiens, le vélo me semble largement gagnant sur le scooter. Les quelques minutes minutes supplémentaires de trajet (pour peu que les possibilités du vélo de se faufiler partout et le fait de ne pas avoir à s'équiper à chaque déplacement ne rééquilibre pas la vitesse supérieure du scooter) seront regagnés en évitant de devoir aller faire du sport "pour la forme" (évidemment, pas question de supprimer le sport plaisir). Et si l'on gagne en santé et quelques années de vie, c'est quand même tout bénef !
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  • Plock
    ou alors faire comme tout le monde : pédaler et arrêter de se comporter comme une grosse feignasse..
    très utile pour les personnes âgées, mais pour les autres??
    et en plus les batteries sont de vraies merdes pour le recyclage
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  • WillWD
    Anonymous a dit :
    ou alors faire comme tout le monde : pédaler et arrêter de se comporter comme une grosse feignasse..
    très utile pour les personnes âgées, mais pour les autres??
    et en plus les batteries sont de vraies merdes pour le recyclage

    +1 pour les batteries, mais espérons que ça va bouger. Après tout, c'est un domaine qui évolue beaucoup.

    Par contre, traiter les gens de "grosses feignasses"... N'imp.

    Mon pote cité ci dessus se déplace en vélo normal. Mais il travaille dans une tour à la Défense où il dispose d'un lieu pour laisser des fringues, prendre une douche et se changer en arrivant. Tout le monde n'a pas cette chance. Et tout le monde ne peut pas se permettre d'arriver au boulot suant et fumant. Entre une "feignasse" qui prend un vélo électrique et celle qui prend sa bagnole, je choisis la première.
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