Un dimanche chez les YouTubeurs

Video City inaugurait ce week-end sa première édition. Cela regroupait quelque 120 YouTubeurs parmi lesquels d’incontournables stars telles que Cyprien, Norman, Enjoy Phoenix ou Squeezie. Dès l’arrivée, on sent bien que l’on pénètre dans un autre monde où il va falloir suivre quelques règles bien spécifiques.

Faire la queue. Compter une heure minimum pour entrer dans le demi-hall du palais des expositions de Paris réservé à l’événement. Il en faut à peu près autant pour acheter le moindre sandwich, sans parler des séances de dédicaces qui ne s’obtiennent qu’au prix d’une longue patience. Même pour assister à la conférence des employés de YouTube qui expliquent comment créer sa chaîne, il faut faire 1h de queue.

Faire des selfies. Se prendre en photo ou se filmer est un sport national. Logique me direz-vous lorsque les stars elles-mêmes ont professionnalisé cette activité. La reine du genre, Enjoy Phoenix (la célèbre blogueuse mode-beauté), se filme en permanence : entrée sur scène, sortie de scène, déplacement en tout genre. Il paraît que c’est normal, c’est pour son Vlog, mise en scène filmée au quotidien de sa vie. C’est clair, il serait dommage d’en rater une miette.

Savoir crier. Le public face à la grande scène n’applaudit pas, il crie (en même temps avec un smartphone à la main, difficile de faire autrement pour marquer son enthousiasme). Dès qu’un YouTubeur traverse le Hall pour se rendre dans les loges ou se rendre sur scène, les fans crient. Autant dire que cela ne s’arrête jamais.

Service d'ordre musclé pour les YouTubeurs

Guetter les mouvements de foules. Si des hordes fans se mettent à courir soudainement tous dans la même direction, c’est qu’un YouTubeur star va passer. Le but ultime devient alors de pouvoir lui effleurer la main histoire de se réjouir d’avoir fait un « presque » check. Pas évident étant donné qu’ils ne se déplacent qu’encadrés par des gardes du corps dignes du service de sécurité d’un chef d’État.

Eviter la déprime. Si les plus jeunes sont armés pour survivre dans cet environnement, on ne peut pas en dire autant des parents qui ne tardent pas à réaliser dans quel traquenard ils sont tombés. Comment ne pas déprimer quand après avoir fait la queue de nombreuses heures (voir règle n°1), ils s’aperçoivent qu’il n’y a rien à faire. Très peu de stands et quelques animations minimalistes ne suffisent pas à s’occuper. On les voit progressivement s’étioler avant de s’affaler sur les côtés repensant aux 20 euros la place qu’ils ont dépensé pour faire entrer leur progéniture.

Se satisfaire de peu. Certains YouTubeurs n’ont rien à montrer, ils se contentent donc de répondre à des questions du public et se livrent à des réflexions de haute volée comme Enjoy Phoenix (encore elle) qui se réjouit que les gens soient venus aussi nombreux car ainsi elle peut les faire profiter de sa présence. Pour finir de déclarer dans un éclair de lucidité « qu’il faut en profiter car YouTube, on ne sait pas combien de temps cela durera ».

Se rendre à Video City se révèle être une expérience inédite dont on ne ressort pas totalement indemne dès lors que l’on a plus de 16 ans. Au final, tous ces jeunes ne rêvent que d’une chose : devenir eux aussi des YouTubeurs stars. Et si le grand gagnant de l’affaire était, une fois de plus, Google…

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