Le papier réutilisable par Xerox

Une chercheuse en anthropologie de l’entreprise Xerox, Brinda Dalal, s’est penchée sur un sujet encore tabou dans les entreprises : la consommation du papier. Et elle s’est aperçue que l’omniprésence des ordinateurs a profondément bouleversé notre utilisation du papier, mais pas dans le sens espéré par les écologistes du siècle dernier.

L’impact écologique de cette consommation frénétique est énorme. Pour palier ce gâchis, B. Dalal et ses collègues ont eu l’idée de mettre au point un papier réutilisable. Grâce à un vernis spécifique, les impressions réalisées dessus disparaissent spontanément au bout de 16 heures. Il peut aussi être réimprimé, ou plutôt ré-impressionné, plus rapidement, en le plaçant simplement dans le bac du photocopieur. Il est facilement distinguable des autres feuilles par sa teinte jaune et son écriture violette. Selon les premiers tests, une feuille peut être recyclée au moins 50 fois. Idéal ? Pas encore.

En effet la qualité des épreuves est encore insuffisante pour de nombreux usages, et le coût du papier prohibitif. Il vient du coût de la technologie employée, à base de composés chimiques, dont la couleur change suite à une exposition à la lumière, ou à la chaleur. Il faut aussi rajouter un module spécial aux photocopieurs ou imprimantes, puisque ce papier n’utilise pas d’encre. Le coût total de l’investissement s’en trouve encore augmenté. De plus, c’est un triste constat, mais nombreux sont ceux à ne pas accepter de sacrifier la qualité de leurs tirages pour préserver les forêts. Enfin, Xerox a un autre concurrent, déjà au stade de la commercialisation : le papier électronique, tel que celui développé par E-Ink et utilisé dans le Sony Reader.